Vie du secteur culturel sous la rupture : « Ça prend du temps à décoller »

Vie du secteur culturel sous la rupture : « Ça prend du temps à décoller »

Le milieu culturel a enregistré en 2017 un bilan mitigé, selon l’entrepreneur culturel et conseiller au Conseil économique et social (Ces) du Bénin, Claude Balogoun.

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Dans une interview qu’il nous a accordée le 26 décembre 2017 dans les locaux de sa maison de production sise à Godomey, après un bilan global, il jette un regard sur la vie du secteur sous le nouveau ministre, Oswald Homéky, et propose quelques pistes de solutions qui lui semblent prioritaires à explorer en cette année 2018. Ci-dessous, un extrait de l’interview.

Les acteurs culturels ont souhaité l’arrivée d’un nouveau ministre à la tête de leur ministère et cela a été fait. Alors, quelles sont vos appréciations sur les quelques mois de gestion du nouveau ministre, Oswald Homéky ?

L’arrivée d’un nouveau ministre a été souhaitée de tous les acteurs culturels. L’ancien ministre Ange N’koué ne dialoguait pas beaucoup avec nous, ce qui n’a pas du tout favorisé le milieu culturel. Lorsque le nouveau ministre Oswald Homéky est arrivé, ça a été la joie parce que le milieu sportif était aussi ‘’gangréné’’ que le milieu culturel, mais qu’il a pu régler un certain nombre de problèmes. On s’est dit qu’il pouvait soulager les problèmes que nous connaissons dans le milieu culturel. Cependant, ça prend du temps à décoller parce que 2 mois se sont déjà écoulés. Toutefois, on a noté quelques démarches venant de lui, dans le but d’échanger avec les acteurs culturels sur un certain nombre de problèmes. Donc, on attend et on espère qu’après avoir écouté, il pourra véritablement agir, et ce très vite pour le rayonnement de la culture au Bénin. Je reste donc optimiste, bien qu’il ait à charge deux ministères. Il y a des cadres techniques qui ont le devoir de l’aider à accomplir ses objectifs.

Quelles sont selon vous les dérives à corriger en 2018 pour l’envol de la culture au Bénin ?

Il y a pas mal de choses. Je propose que le fonds d’indigénat qui est un fonds de près de dix milliards, serve à soigner les acteurs culturels. Ça peut s’appeler autrement mais pourvu que les acteurs culturels et les artistes ayant prouvé leur capacité dans leur fonction culturelle, et qui sont reconnus comme tel, puissent être pris en charge en cas de problèmes de santé. Il y a également ‘’le fonds de démarrage’’. C’est nécessaire aujourd’hui car on ne peut pas se baser uniquement sur le fonds des arts et de la culture pour penser mettre tous les secteurs au travail. L’ingénierie culturelle est très vaste, et les disciplines énormes. Ce fonds est donc nécessaire, car il permettrait de mettre les acteurs culturels au travail pour mieux gagner leur vie. L’Etat doit pouvoir mettre en place un dispositif pour occuper l’acteur culturel. Ainsi, ce dernier fournit un travail pour l’Etat, qui en retour met en place le système qu’il faut pour vendre et rentabiliser cette production artistique. Et l’Etat qui s’investit de cette manière, gagne l’argent tout autant que l’artiste qui pourra vivre de son œuvre. C’est donc la philosophie qui tourne autour du fonds de démarrage. Nous avions également proposé la mise en synergie des salles de spectacle, en vue de permettre à l’acteur culturel ayant créé son spectacle de jouer dans au moins 70 salles en parcourant toutes les communes du pays. Ce qui permettra une rentabilisation certaine. Voilà trois éléments importants, et pour que tout ceci arrive vite il faut que les réformes aboutissent et que démarre le fonds des arts et de la culture pour accompagner les acteurs culturels. Ils doivent payer des taxes, impôts et autres redevances à l’Etat, alors il faut que ce dernier accomplisse son devoir en les accompagnant comme tout autre entrepreneur, et en subventionnant leurs entreprises culturelles.

Parlant précisément des financements, le fonds de bonification a été substitué au fonds d’aide à la culture. Et il est susceptible de contribuer à l’aboutissement des projets culturels. Qu’en est-il réellement ?

Le fonds n’a pas été mis en route. Il y a eu un fond qui fait partie du fond de bonification mais qui ne l’ai pas à proprement parler. C’est un fond qui devrait financer la prise en charge des consommables au niveau des activités culturelles. En ce qui concerne ce fond, l’appel a été lancé, des artistes ont déposé des dossiers et une sélection a été faite selon mes informations. Mais bon, la tête du ministère a changé et il serait bien que l’actuel ministre prenne connaissance des dossiers avant d’autoriser ou non la poursuite de la mise en place de ce financement. Quant au fonds de bonification, il est annoncé et devrait être sanctionné par une réforme profonde. Ce n’est pas encore fait, et à ma connaissance jusqu’aujourd’hui les acteurs culturels n’ont pas pu soumettre de dossier à un financement par rapport à ce fonds. Donc ça fait partie de nos attentes.

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