Le Bénin sous le nouveau départ : Plus de rivalités politiques et très peu de réalisations

Le Bénin sous le nouveau départ : Plus de rivalités politiques et très peu de réalisations

En optant de choisir le candidat de la rupture lors de la présidentielle de février-mars 2016, les populations avaient conscience de faire venir au pouvoir un opérateur économique qui a réussi dans ses affaires.

Bénin : A l’école de la politique

Les électeurs pensaient que le zèle et l’engagement qui lui a permis de prospérer dans ses affaires, il les mettra aussi au service de l’Etat donc de l’intérêt général

L’espoir d’un redécollage économique, a donné lieu à toutes sortes d’extase au point où un habitant de la ville de Parakou a décidé de partir de Parakou à Cotonou à pied. Il tenait à vivre avec émotion la cérémonie d’investiture qui s’est déroulée le 6 avril 2016 au stade Charles de Gaulle à Porto-Novo. Lors du second tour de la présidentielle, l’une des motivations des électeurs à choisir Patrice Talon, provenait du soutien que lui apportait Sébastien Ajavon, arrivé 3è au premier tour. Pour les électeurs, le tandem : Talon-Ajavon, qui sont tous deux hommes d’affaires prospères, devrait permettre de conduire le pays vers la prospérité.

Le désenchantement

Mais l’espoir de la relance économique dont dépend l’amélioration des conditions de vie des populations s’est rapidement mué en désenchantement. Pour preuve, le président de la République s’est donné comme première mission d’envergure, d’initier des réformes institutionnelles et politiques en installant le 6 mai 2016, la commission de 33 membres chargée de rédiger une mouture. Six mois après soit le 27 novembre 2016, une affaire rocambolesque est rendue publique. C’est l’affaire dite de la découverte de 18 kg de cocaïne dans un container qui appartient à la société Cajaf Comon dont Sébastien Ajavon était le patron. L’affaire défraie la chronique, la suite tout le monde la connaît. Elle marque le déclenchement des hostilités politiques. Ce sont ces rivalités politiques qui ont conduit à la démission du ministre de la défense le 27 mars 2017, suivie quelques jours après du rejet du projet de révision de la constitution à l’Assemblée le 4 avril 2017. La déception provoquée par cet échec de la révision de la constitution, est à l’origine du dévoilement de la nouvelle orientation idéologique de la gouvernance de la rupture, fondée désormais fondée sur la ruse et la rage.

L’emprise des rivalités politiques

De la parole à l’acte, on a assisté à la cohabitation impossible entre le préfet du Littoral, Modeste Toboula et le maire de Cotonou d’alors, LéhadySoglo. C’est l’amplification de leurs rapports conflictuels qui a abouti d’abord à la suspension du maire après une audition marathon par le préfet et sa révocation un peu après par le conseil des ministres. La rivalité politique s’est déportée au sein des formations politiques notamment le Psd et la Rb. Certaines langues croient mordicus que c’est le pouvoir est derrière les crises qui secouent ces deux formations politiques. Au même moment, des rapports d’audit dits sélectifs sont rendus publics mettant en cause des personnalités notoirement connues comme adversaires politiques du pouvoir. C’est ce cyclone de rage politique qui a emporté le capitaine Trèkpo, qui voulait voir plus loin que ses yeux ne lui permettent. C’est aussi ce cyclone qui a aussi éclaboussé Laurent Mètongnon, grand dénonciateur des dérives du pouvoir. Sur les réseaux sociaux comme sur les médias classiques, un acharnement médiatique est exercé sur tous ceux qui trouvent à redire sur les actions du gouvernement.

Conséquence, la relance économique est au point mort, le Pag présenté vantécomme étant le plan Marshall du Bénin, souffre d’un accouchement difficile avec une grossesse qui a de loin excédé les 9 mois connus et pour se prolonger en années. Suffisant pour comprendre que la sortie du tunnel n’est pas pour demain. Entre temps, on assiste à la fermeture de certaines entreprises d’Etat comme au ministère de l’Agriculture avec à la clé, 1045 agents qui sont renvoyés à retrouver le chômage. Dans la foulée l’agrément de la Sttb au port de Cotonou est retiré, entrainant la fermeture de l’entreprise et le retour au chômage du personnel. L’agrément de CajafComon Sa, est aussi retiré entraînant les mêmes conséquences de perte d’emplois. Plusieurs sociétés opérant dans lafilière des véhicules d’occasion, ferment aussi les portes pour dit-on, le manque de rentabilité. Puis survient le cycle des privatisations des entreprises d’Etat qui a entraîné un grand malaise social. Après de deux ans de gouvernance, les réalisations économiques, peinent à se montrer.

L’expansion de la misère

Des communications ont été faites sur la production record de tonnes de coton et les incidences financières générées, mais cela ne s’est pas ressenti dans le quotidien des populations. Le président de la République jusqu’ici, n’a organisé aucun forum sur les voies de relance de l’économie béninoise. Aucune rencontre du président de la République avec le patronat, ce qui demeure une grande curiosité,aucune réflexion inclusive sur la relance de la filière des véhicules d’occasion,aucune assise nationale sur la relance de l’agriculture, de l’élevage et de la pisciculture,aucune rencontre avec les opérateurs économiques pour repenser la création des richesses et de l’emploi. C’est la déception sur toute la ligne. Le constat est que partout, les populations crient qu’elles ont faim, qu’il n y a pas d’emplois et que les activités commerciales ne sont pas rentables. Partout ce sont les mêmes cris de détresse qui annoncent que la misère a augmenté en qualité et en quantité. Pendant ce temps, les intrigues et les coups bas politiques se poursuivent allègrement

Commentaires

Commentaires du site 2
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    Rupture dans un capitalisme sauvage+intrigues le tout mélangé au désert de compétence bouillie dans une sauce d’arrogance et de certitude erronée ne peut donner que ce qu’on voit. L’echec

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    Analyse claire et vraie