Terrorisme en Afrique : la Russie appelle à une aide internationale sans ingérence

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a plaidé ce 18 mai à Moscou pour un soutien international à la lutte antiterroriste en Afrique, tout en réaffirmant que les décisions stratégiques doivent relever de la souveraineté des États africains. Le chef de la diplomatie russe s’exprimait lors d’une rencontre avec son homologue équato-guinéen, Simeón Oyono Esono Angue.

L’Afrique face à la menace terroriste

L’Afrique demeure le foyer le plus actif des opérations terroristes au niveau mondial. Selon l’Indice global du terrorisme 2026, six des dix pays les plus touchés par le terrorisme appartiennent au continent africain, tandis que les vingt attaques les plus meurtrières de la planète se sont concentrées sur le territoire africain en 2025. Le Sahel, région transfrontalière embrassant notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, enregistre le bilan humain le plus lourd avec plus de 6 000 décès attribués à des groupes djihadistes.

La position russe : solidarité conditionnée à l’autonomie africaine

Lavrov a constaté que les organisations terroristes « se répandent en Afrique » au Sahara et au Sahel, où des groupes comme Boko Haram « lèvent le front ». Il a appelé la communauté internationale à aider le continent, mais sous une condition explicite : « Ce principe de règlement stable doit se décider entre les nations africaines elles-mêmes et les organisations comme l’Union africaine. » Le chef de la diplomatie russe a salué « la vision de la Guinée équatoriale visant à renforcer le processus d’intégration sur le continent africain ». Il a également annoncé que la Russie soulignait « sa volonté de développer la coopération entre la Russie et l’Union économique d’Afrique centrale. »

Des réponses régionales qui se structurent

Au-delà du positionnement diplomatique russe, les pays africains mettent en place leurs propres mécanismes de riposte. La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a approuvé en février une force régionale antiterroriste dotée d’un budget annuel de 2,5 milliards de dollars et d’un objectif de 260 000 soldats. Cette initiative demeure toutefois fragilisée par les retraits du Burkina Faso, du Mali et du Niger, trois pays clés du Sahel sortis de l’organisation en 2025 après des coups d’État militaires.

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