Perturbation des activités judiciaires : La grève des magistrats largement suivie

Perturbation des activités judiciaires : La grève des magistrats largement suivie

Comme annoncée par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), la grève de protestation contre les défalcations « arbitraires et abusives » sur salaire à eux faites, a été suivie de

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manière religieuse par les magistrats, perturbant ainsi le bon déroulement des activités judiciaires. C’est le constat fait hier lundi 26 février 2018, dans les tribunaux d’Abomey-Calavi et Cotonou. Des salles d’audience fermées, d’autres ouvertes mais servant de reposoir aux usagers. Telle est l’ambiance qui a prévalu ce lundi 26 février 2018, dans les tribunaux d’Abomey-Calavi et de Cotonou.

Cette triste situation est la conséquence du mot d’ordre de grève lancé par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab). En effet, à travers une nouvelle motion de grève prise le vendredi 23 février 2018, l’Unamab observe une grève de protestation de cinq (05) jours, renouvelable par tacite reconduction, à compter de ce jour lundi 26 février 2018, pour exiger du gouvernement la rétrocession de l’intégralité des fonds illégalement, abusivement et arbitrairement défalqués sur les salaires du mois de février.

Pour mémoire, l’Unamab avait suspendu sa motion de grève après la décision Dcc 18-005 du 23 janvier 2018 de la Cour constitutionnelle, déclarant inconstitutionnelle la loi sur le retrait du droit de grève à leur corporation -magistrats-, les agents de la santé et les policiers. Mieux, ces derniers avaient mis en garde le gouvernement qu’ils reprendront de plus belle avec le mouvement de grève s’il procédait à des défalcations sur leurs salaires du mois de février. Chose faite par le gouvernement de la ruse et de la rage, à hauteur de 70%.

Une mesure pourtant contraire à la loi n°2001-09 du 21 juin 2002, portant exercice du droit de grève en République du Bénin. Selon l’article 25 de ladite loi « les grèves ayant pour motif la violation des libertés fondamentales et des droits syndicaux universellement reconnus, ou le non-paiement des droits acquis par les travailleurs, ne donnent lieu à aucune réduction de salaire ou de traitement. ».

Les justiciables, victimes perpétuelles

Les justiciables, toujours les plus exposés à cette situation malheureuse du fait de l’indifférence notoire du gouvernement, ne cachent pas leurs impressions. « Je ne comprends pas le gouvernement agisse comme si nous ne sommes pas dans un Etat de droit », s’est fendu Henri Tchenti pour dénoncer cette défalcation abusive. Pour lui, ce faisant le gouvernement attise davantage le feu, et c’est la population qui en pâti. Contrairement au prédécesseur, Justine Agbo venue assister à l’audience de son frère qui serait impliqué dans une affaire de recel, a fait observer qu’elle s’indigne de l’attitude des magistrats. A cause de la grève soutient-elle, l’audience n’a pu se tenir.

« Pendant ce temps, mon frère est en prison en attendant d’être jugé un autre jour. Et d’autres personnes aussi », s’est-elle offusquée.

Elle conclut en invitant les deux parties à fumer le calumet de la paix pour sauver des âmes innocentes.

Une défalcation faite au « mépris de la loi »

Interrogé, Maître Carlos Amoussou greffier en service au Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi, a vertement dénoncé les abus du gouvernement. Selon ses explications, la défalcation a été faite au mépris de la loin 2001-09 du 21 juin 2002, portant exercice du droit de grève en République du Bénin. « Les acquis démocratiques ne doivent pas faire l’objet de marchandage politique. L’un des acquis que nous avons, c’est le droit de grève. Et le droit de grève étant constitutionnellement reconnu, le gouvernant doit en être le garant. Dans cet ordre d’idée, il ne saurait y avoir défalcation au mépris des lois de la République » a-t-il renchéri. Confirmant l’information selon laquelle il semblerait que les greffiers emboîtent les pas des magistrats, il a annoncé qu’en plus de leur corporation, tout le personnel de la justice pourrait également le faire. Au passage, il faut noter que ces derniers ont aussi été défalqués pour fait de grève.

Les défalcations, plus qu’une question préjudicielle

Les défalcations sur salaire sont plus qu’une question préjudicielle, elles sont essentielles pour pouvoir reprendre le travail selon le greffier. « Nous refusons une certaine marchandisation de ces acquis qui ne sont autres que le garant de notre stabilité économique » a-t-il précisé. A l’en croire, pour apaiser la tension sociale, le gouvernement gagnerait à aller vers les partenaires sociaux et trouver un terrain d’entente afin que la population puisse en sortir gagnante.

Quittant la commune d’Abomey-Calavi pour Cotonou afin de constater l’effectivité de cette grève, notre équipe s’est rendue compte que les magistrats du Tribunal de première instance n’ont pas dérogé à la règle. Laissant ainsi les détenus dans une situation difficile. C’est d’ailleurs l’avis de Prince Avocèganmou, qui estime que c’est la population qui pâti de cette grève des magistrats.

« Il y a des personnes innocentes détenues et qui attendent d’être jugées. Avec cette grève, ces personnes se trouvent dans une situation inconfortable » a-t-il mentionné.

Commentaires

Commentaires du site 2
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    Sonagnon Il y a 2 mois

    C’est l’échec de la politique de la rage et de la ruse!!!

    On ne dirige pas un pays démocratique avec ruse, mais seulement dans le respect des textes de loi, dans la concertation la transparence et la recherche du bien commun.

    Si un commerçant s’est trompé de job, qu’il retourne à ses activités, personne n’a obligé Patrice TALON de devenir Président du Bénin.

    Mais il aggrave son cas en prenant ses compatriotes comme les hommes politiques qui mangent dans sa main.

    Pour nous peuple béninois, il est un serviteur, s’il n’est pas à la hauteur de la tâche, qu’il dégage!!!

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    OLLA OUMAR Il y a 2 mois

    Dites à talon de faire comme kerekou , d’aller aussi en grève 😂😂😂
    Pour adjaka et les siens , un standing ovation 👏👏👏👏