Zuma, ce boulet au pied de l’ANC

Zuma, ce boulet au pied de l’ANC

Ceux qui l’ont surnommé « président frelon », ne croyaient pas si bien dire tant le président sud-africain, Jacob Zuma, est passé maître dans l’art de se glisser et se sortir des situations difficiles.

AFRIQUE DU SUD : Winnie Mandela dénonce la corruption au sein de l’ANC

Malgré les nombreux scandales qui minent sa présidence, l’homme résiste aux appels à la démission venant de l’ANC, son propre parti, qui ne peut pas courir le risque de s’engager dans la course à la présidentielle avec un tel «boulet » au pied.

Alors qu’on s’attend à ce qu’il démissionne, ne serait-ce que pour sauver le peu d’honneur qu’il lui reste, Jacob Zuma le président sud-africain, englué dans une multitude de scandales et vomi par son propre parti, résiste. Pis, l’homme pousse le «culot» jusqu’à demander l’impunité et la prise en charge de ses frais de justice par le contribuable qu’il a volé. C’est du moins ce que révèle RFI. Aux yeux du monde, cette situation est non seulement incompréhensible mais surtout très gênante pour le nouveau président de l’ANC, Cyrille Ramaphosa, qui avait fait campagne sur la lutte contre la corruption.

Mis au pied du mur, le nouveau président veut se débarrasser de ce camarade de parti devenu gênant. Et qui connaît Ramaphosa, sait que cet avocat ayant dirigé le puissant syndicat des mineurs dans les moments durs de la lutte anti-apartheid, a la volonté d’en finir avec cette affaire. Mais, il sait aussi que la puissante machine de l’ANC qui en 2008 n’avait eu besoin que d’une réunion pour écarter le président d’alors Thabo MBéki, est aujourd’hui contrainte de jouer serré. En effet, le client cette fois s’appelle Jacob Zuma, un président dont on dit qu’il a l’art de la roublardise et du chantage pour se sortir des situations difficiles.

Même s’il a échoué à imposer N’kossazana Dlamini Zuma à la tête du parti, Jacob Zuma a miné les organes dirigeants dont près de la moitié des membres lui sont fidèles. Plus que pour des raisons de positionnement politique, les soutiens de Zuma se battent certainement pour sauver eux-aussi leurs têtes. En effet, Il ne faut pas se leurrer, dans autant d’affaires (plus de 700 charges rien que pour les affaires de corruption), Zuma n’a pas «mangé» seul. Il est à parier que la pluie de milliards en pots-de-vin et autres montants détournés, a aussi mouillé beaucoup de ceux qui au sein du parti retardent le départ du président.

Que ce soit par l’action de son parti ou celle de l’opposition dont la dernière motion de défiance sera débattue au parlement le 22 février prochain, Jacob Zuma partira par la petite porte. Et, il restera dans l’histoire comme celui qui aura fait le plus de mal à l’ANC. En effet, c’est sous Zuma que les mineurs grévistes ont été tués par la police. C’est aussi sous Zuma que les dérives xénophobes ont abouti à des massacres d’étrangers en direct devant les caméras du monde. Mais, c’est surtout sous Zuma que l’ANC a perdu certains de ses bastions traditionnels au profit de nouveaux partis comme Economic freedom fighters (en français Combattants de la liberté économique) de Julius Malema, lors des dernières élections locales. S’il n’est pas écarté avant les prochaines élections, Jacob Zuma risque encore de faire reculer l’ANC tant il a divisé le parti et entamé sa popularité légendaire auprès des sud-africains. Certains analystes estiment même que l’ANC court le risque de perdre le pouvoir, si le parti devait se lancer dans la course électorale en traînant avec lui Zuma et ses centaines de casseroles.

Certes les sud-africains ont quelque peu déploré le départ de Mbéki, énormément pleuré la disparition de Mandela, mais ils ne regretteront pas le départ de Zuma qui aura contribué à ramener la nation arc-en-ciel dans le sombre tableau où elle était inscrite du temps de l’apartheid. Le défunt président Nelson Mandela et l’ANC d’alors, avaient pourtant réussi à porter ce pays dans le concert des nations civilisées, et avaient même contribué à en faire la première puissance économique du continent. Mais, patatras ! Le pays a été devancé par le Nigeria. Si les scandales impliquant Jacob Zuma n’en sont pas la seule explication, ils y ont certainement contribué.
Au moment où le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump ne cessent de rappeler les Africains à leur responsabilité, l’Afrique du Sud n’a que faire d’un président corrompu comme Zuma, qui on peut le dire,a réussi le triste exploit de ruiner l’héritage de Nelson Mandela, donc de le tuer une deuxième fois.

Commentaires

Commentaires du site 1
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    le passage de ZUMA aux affaires a revele le problemes qui minent la societe sud-africaine et ses elites dirigeantes…
    Un autre dirigeant s’apprete a prendre le pouvoir…
    Va-t-il changer la situation ou est ce que comme le dit Julius Malema -ex leader des jeuness ANC- et dirigeant atypique des EFF, le probleme c’est l’ANC tout entiere…
    25 ans apres la fin formelle de l’apartheid, l’Afrique du Sud est a la croisee des chemins, et la credibilite gagnee dansla lutte contre la segregation raciale brutale des Boers et anglo-saxons ne suffit plus.
    Un depart accelere de ZUMA , apres l’ecourtement du mandat de MBEKHI, est il de nature a mettre l’Afrique du Sud sur la voie du progres, ou ne sera t-il qu’un leurre permettant de calmer les impatiences populaires et de donner des gages a la communaute blanche qui controle toujours l’economie sud-africaine et n’a que peu de sympathie pour les manieres non policees du bouillant Zulu ?