Bénin : l’attitude du gouvernement qui fragilise le dialogue social

Bénin : l’attitude du gouvernement qui fragilise le dialogue socialPhoto d'une manifestation des syndicats

La question des défalcations étant devenue une question préjudicielle pour la reprise des négociations, le gouvernement devrait montrer en la matière sa bonne foi pour voir les apprenants reprennent le chemin de l’école.

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Ce faisant, il aurait fait un pas de géant pour le dégel de la crise. Mais hélas, ce gouvernement est visiblement dans une attitude qui met à mal le dialogue social et par conséquent attise la tension sociale.

En tant que garant de la politique de l’éducation nationale, le gouvernement béninois doit se mettre au-dessus de la mêlée face à certains dossiers brûlants. Notamment, celui relatif à la défalcation des salaires pour fait de grève. Si ces défalcations ont radicalisé la position des enseignants dans leur mouvement de grève, elles ont poussé d’autres travailleurs (secteur de la santé et les magistrats), à reprendre la grève.

En dépit de la énième rencontre de négociation entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales mardi dernier pour le dégel de la crise, les deux parties n’ont pu s’entendre sur l’essentiel pour une levée de la motion de grève dans le secteur de l’éducation, la santé et la justice. Les responsables syndicaux représentant les travailleurs à cette rencontre de négociation, ont invité le gouvernement à rétrocéder les salaires défalqués qui, selon eux, est gage d’un lendemain meilleur en ce qui concerne le dégel de la crise. Face à cette invite des syndicats, le gouvernement estime que la question des défalcations n’est pas une priorité.

Les défalcations, une question préjudicielle

Pourtant, les enseignants et les autres corps en grève ont exigé du gouvernement la rétrocession de leurs salaires défalqués pour qu’il y ait une éventuelle reprise des négociations. N’étant pas inclue dans leur motions de grève, ils en ont fait une question préjudicielle. Et pendant que ce bras de fer perdure entre le gouvernement et les travailleurs, ce sont les apprenants, les justiciables, les malades qui pâtissent.

Pour mémoire, le gouvernement après décision en conseil des ministres a décidé de procéder à des défalcations sur le salaire de février des travailleurs pour fait de grève. Pourtant, la loi 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève dispose en son article 25, que les grèves qui portent sur les droits acquis et sur les violations des libertés fondamentales ne peuvent pas faire l’objet de défalcation. Cette attitude du gouvernement a radicalisé la position des travailleurs et les a amenés à dénoncer la parodie de dialogue social entretenue par l’exécutif. Ces travailleurs déterminés à aller jusqu’au bout de ce bras de fer avec l’exécutif tiennent le gouvernement responsable des déconvenues de cette grève.

Encore un acte qui compromet les négociations

Face à cette position tranchée des travailleurs, le gouvernement devrait montrer sa bonne foi tant clamée en rétrocédant les salaires défalqués aux travailleurs. Comme si cela ne suffisait pas, le ministre de l’économie et des finances a adressé le mardi dernier une correspondance invitant les directeurs de l’administration et des finances à transmettre sur papier et support électronique à la direction générale du budget, le vendredi 16 mars 2018 au plus tard, la liste des agents de l’Etat qui se sont absentés du service pour fait de grève du 16 février au 15 mars 2018.

Une situation qui contraste avec la prétendue volonté du gouvernement de vouloir dégeler la crise. Comment comprendre que pendant que les deux parties cherchent une sortie de crise, le gouvernement de la rupture à travers son argentier se donne le luxe de vouloir à nouveau défalquer les salaires du mois de mars. Cette position ne fait qu’envenimer la situation au lieu de l’apaiser. En s’enlisant dans ce bras de fer qui ne profite à aucune partie, le gouvernement s’adonne à un mauvais jeu et cela n’est pas de nature à apporter l’accalmie. Pourtant, le spectre de l’année blanche plane sur l’école béninoise. La balle est dans le camp de Talon et compagnie.

Commentaires

Commentaires du site 2
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    Napoléon1 Il y a 1 mois

    Face à cet entêtement de Talon et son Gouvernement, il n’y a plus rien à faire. Talon doit être dégagé de là. pour le faire, le clergé catholique, tous les Imames du pays, les dignitaires des autres culte à la tête ce leur fideles et Avec toutes les populations doivent marcher sur la présidence de la République, comme au Burkina-Fasso. Et là, il ne restera à Talon que le seul choix de donner l’ordre à sa Police et l’armée de tirer sur la foule. Et nous aviserons, si ce ne sera pas fini Avec son aventure.

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    Lokossou Il y a 1 mois

    Il n’y a plus rien à sauver.