Bénin : Le gouvernement détient les leviers de la sortie de crise

Bénin : Le gouvernement détient les leviers de la sortie de crise

La tenue de la rencontre gouvernement-centrales syndicales du mardi 13 mars à l’Infosec de Cotonou, a été l’occasion de constater que c’est le gouvernement qui détient les leviers de sortie de crise.

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En déclarant la question de la restitution des défalcations comme étant une préoccupation subsidiaire que les centrales syndicales présentent pourtant comme étant préjudicielle, le gouvernement a démontré que la sortie de crise dépend désormais de sa seule volonté.

La sortie de la crise sociale caractérisée par les mouvements de grève à répétition qui paralysent le fonctionnement de quelques secteurs de l’administration publique depuis le 5 janvier 2018 dépend désormais de la seule volonté du gouvernement. La rencontre du mardi 13 mars de l’Infosec à Cotonou, était considérée comme celle qui devrait conduire au dégel de la crise. Surtout que le vendredi 9 mars 2018, les ministres de la Fonction publique, Adidjatou Mathys et celui de la Justice, Joseph Djogbénou, avaient au cours d’une sortie médiatique, appelé les syndicats à la table de négociation. Des appels qui ont sonné dans l’opinion comme une prédisposition du gouvernement à fumer le calumet de la paix avec les travailleurs mécontents. Mais grande a été la surprise au début des travaux de cette rencontre, d’entendre le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané, dire de la question des défalcations qu’elle est une question subsidiaire. Invitant les participants à examiner d’abord d’autres points.

Une position étonnante

C’est cette réponse du ministre d’Etat qui a eu pour conséquence, le départ de la salle du secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin, Cstb, Kassa Mampo. Ce dernier approché par les journalistes a laissé entendre que la restitution des défalcations constitue le préalable de toute négociation. Une fois cette question est devenue subsidiaire, il ne trouvait plus sa raison d’être dans la salle. Il rappelle d’ailleurs que les participants à cette rencontre ont été accueillis par une foule de travailleurs venus de différentes régions du pays, étaientallés rappeler aux responsables syndicaux que si les sommes défalquées ne sont pas restituées, qu’ils suspendent leur participation à ces travaux. Cette position du gouvernement sur la restitution des défalcations paraît quand même étonnante quand on sait que deux des trois secteurs actuellement en grève, c’est-à-dire le secteur de la santé et celui de la justice avaient suspendu leurs mouvements de grève après que la Cour constitutionnelle eut invalidé la loi sur le retrait du droit de grève.

Ces deux secteurs n’ont repris la grève qu’à cause des défalcations qui ont été opérées par le gouvernement sur leurs salaires. C’est dire que si le gouvernement avait annoncé mardi la date de restitution de ces défalcations, certainement qu’au moins ces deux secteurs à savoir : la santé et la justice auraient annoncé la levée du mot d’ordre de grève. Le gouvernement aurait saisi cette même opportunité pour inviter aussi le secteur de l’éducation à se contenter d’abord de la restitution des sommes défalquées, en attendant d’étudier un échéancier de résolution des autres revendications. En ce moment, même l’opinion aurait tenu les enseignants en procès, en les accusant de refuser d’accepter cet acquis. Mais en gardant une position tranchée sur la question de la restitution des défalcations, il y a bien lieu de se demander si le gouvernement n’a pas un agenda caché autre que la sortie de la crise. D’ailleurs des informations folles et incroyables circulent déjà sur des réseaux sociaux. Elles font état d’une correspondance que le ministre des Finances aurait adressée à ces autres collègues pour lui faire l’état de présence des agents au service.

Sauver l’année scolaire

Comme pour dire que le gouvernement voudrait encore opérer une autre défalcation sur les salaires du mois de mars. Mais cela peut bien être de la pure « intox ». Une initiative malveillante visant à verser de l’huile sur le feu. Alors qu’il faut plutôt trouver illico presto une voie de sortie de crise pour tous les secteurs et particulièrement pour celui de l’éducation. A plus que trois mois de la fin d’année académique, on se demande bien à quoi peut ressembler cette année scolaire que personne ne souhaite blanche ou sabbatique. Puisque sur deux trimestres, seul le premier trimestre a connu une fréquentation régulière des apprenants. Les mouvements de grève ayant commencé dans le secteur de l’éducation depuis le 5 janvier 2018, juste au début du deuxième trimestre. Voici aussi ce deuxième trimestre qui s’achève d’ici la fin de ce mois de mars. Donc même si les cours reprennent par extraordinaire, il faudra trouver l’équation pour compenser voire rattraper ces trois mois de cours perdus du deuxième trimestre. Peut-être faudra-t-il repousser la date des examens de deux mois au minimum. C’est étonnant que le gouvernement ne perçoive pas cette réalité et opte de gagner encore du temps. La sortie de la crise est possible, mais c’est une question d’approche de gestion et de management de la tension sociale par le gouvernement

Commentaires

Commentaires du site 1
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    OLLA OUMAR Il y a 7 mois

    Abt est sourd ou pas ? Même l’unamab a dit que son train n’a pas de freins et pour droit de grève , et  contre défalcation , et lui et son patron de talon font jeu de mots pour l’un , et philosophie pour l’autre , tchrous