Bénin : à Friedrich Ebert, la rupture esquive le débat contradictoire

Bénin : à Friedrich Ebert, la rupture esquive le débat contradictoire

Par deux fois successives, le public venant assister au débat « Soirées politiques » organisé par la fondation Friedrich Ebert sur le bilan des deux ans de pouvoir de Patrice Talon, a été gentiment informé que le rendez-vous n’aura pas lieu.

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Ceci pour des raisons indépendantes de la volonté de la fondation. Mais les investigations en coulisses ont permis de comprendre que ce sont les représentants de la rupture qui ont esquivé le débat contradictoire.

C’est une grande première pour la fondation Friedrich Ebert, de voir la tenue de son programme de débat, Soirées politiques, connaître un échec par deux fois successives. C’était d’abord le mardi 24 avril 2018 à 19h, que le débat était programmé, avec pour thème le bilan des deux ans du président Patrice Talon. Mais le public arrivé nombreux ce mardi, après plus d’une heure d’attente, a été informé de l’impossibilité de tenir ce rendez-vous, à cause a-t-on expliqué, de l’indisponibilité de dernière minute de certains panélistes.

Mais les participants au débat avortés ont été priés et rassurés que ce débat se teindra immanquablement le lendemain mercredi 25 avril 2018 à 17h et 30 mn. Et hier mercredi 25 avril, le public est encore arrivé nombreux, et a pris place dans l’emplacement habituel qui va de la cour intérieure du siège de la fondation jusque dans la salle de cérémonie.

Vers 18h, le modérateur Georges Amlon, ancien directeur général de l’Ortb, fait son entrée dans l’enceinte, vêtu d’un beau costume, tout le monde est convaincu que les choses vont bientôt commencer. Ce sentiment est renforcé par sa chaleur débordante à saluer à la main une bonne partie des invités. Mais il disparaît des lieux et réapparaît quelques temps après, en compagnie d’Expédit Olugu, chargé des programmes de la fondation Friedrich Ebert, qui annonce pour une deuxième fois de suite que le débat ne peut plus avoir lieu, pour « impossibilité d’avoir pu constituer un panel consensuel».

Déception et consternation chez les invités qui interpellent les organisateurs sur les raisons de ce fiasco. Mais peine perdue, personne ne veut donner en détail les raisons de ce double échec. Dès lors, les professionnels des médias se lancent à la recherche des explications… Elles seront fournies par les invités venus assister au débat.

L’un d’entre eux qui a requis l’anonymat, a expliqué avoir été au courant depuis le début de l’après-midi de l’échec de ce second rendez-vous. Il rapporte que le camp de la rupture a mentionné le déséquilibre au niveau des membres du panel. Estimant que trois d’entre eux étaient favorables à l’opposition, alors qu’un seul représente le pouvoir. Pour cette raison explique l’invité, le camp de la rupture a donné instruction à ses partisans de ne pas prendre part à ce débat.

Notre interlocuteur nous a même fait observer que le programme « Soirées politiques » qui connaît souvent une grande couverture médiatique, a brillé par l’absence remarquée jusqu’à l’annonce de l’échec du débat, des caméras de Télévision. Ces chaînes de télévision nous a-t-il expliqué, auraient reçu l’instruction de ne pas couvrir l’évènement. Une attitude bien connue dans le monde des médias, et qui traduit l’esquive des débats contradictoires par le camp de la rupture

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Paul Ahéhénou Il y a 8 mois

    Avez-vous déjà tenté de participer aux débats sur RFI l’émission “Appels sur l’actualité” de Juan Gomez? Tentez par tous les moyens d’appeler le numéro RFI, vous n’y arriverez pas. Tous les réseaux vous répondront: “les appels vers cette destination sont interdits”.
    Vive le Président de la république bananière.

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    sogbossi Il y a 8 mois

    C’est pitoyable pour le Bénin. Je comprends maintenant pourquoi le Bénin a dégringolé par rapport au classement Reporter Sans Frontière. C’est dommage

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      Sogbossi et se serait d’avantage dommage. Il faut avoir bien sûr des arguments pour se défendre. A cette allure, je me demande si la rupture pourra accepter en 2021 de débat entre les deux tours d’élection s’il devait avoir lieu.