Bénin : La lutte contre la corruption, une arme de chantage et de règlement de compte

Bénin : La lutte contre la corruption, une arme de chantage et de règlement de compte

Lors de son discours d’investiture le 6 avril 2016 au Stade Charles de Gaulle à Porto-Novo, le Président de la république qui prenait ainsi fonction, rassurait l’opinion que la lutte contre la corruption sera la lutte de tous les instants.

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Le crédit accordé à ces propos du chef de l’Etat n’a pas résisté à l’expérience des poursuites sélectives engagées dans le cadre de la lutte contre la corruption. En lieu et place d’une opération d’assainissement des mœurs, la lutte contre la corruption est plutôt devenue un moyen de chantage des personnalités politiques et surtout une arme de règlement de compte.

Ce n’est plus un doute pour personne que l’opération dite de lutte contre la corruption, n’est rien d’autre, deux ans après, qu’un stratagème pour faire chanter les personnalités politiques et une occasion idoine de prendre la revanche sur les « ennemis politiques ». Quelle que soit la terminologie utilisée, l’objectif s’est révélé comme n’étant pas porté sur l’impunité ou encore le détournement des deniers publics.

La première opération d’envergure que le gouvernement de la rupture avait baptisée, la lutte contre l’impunité a été lancée au mois de novembre 2016. C’était une affaire rocambolesque qui mettait sous les feux de la rampe, un partenaire politique important du chef de l’Etat : le Président du patronat Sébastien Germain Ajavon. L’annonce de cette affaire qui évoquait la découverte dans un container de l’entreprise Cajaf Comon de 18 kg de cocaïne pure avait divisé l’opinion et avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Entre ceux qui en doutaient et ceux qui y accordaient du crédit, c’est le verdict de la justice qui devrait les départager. Mais après la garde à vue de huit jours à la brigade de gendarmerie de Cotonou et un procès marathon qui s’est tenu au tribunal de première instance de Cotonou, l’opinion est restée sur sa faim devant le verdict de relaxe pour absence de preuves.

Et c’est justement pour permettre à l’opinion de lever le doute sur son innocence que Sébastien a entrepris en 2017 de porter plainte contre x pour découvrir celui qui a brisé les scellés du container pour y introduire le paquet de drogue. Mais à la surprise générale, c’est le camp qui devrait accueillir ce désir de manifestation de la vérité qui s’est opposé à ce que cette plainte prospère dans les couloirs de la justice. Par deux fois, le parquet s’est opposé à ce que cette plainte donne lieu à un procès. C’était d’abord au niveau de la première instance puis au niveau de la Cour d’Appel.

A l’occasion, on avait entendu des députés proches du pouvoir expliquer sur les antennes des radios privés que : « le verdict qui avait été prononcé lors du procès lié au 18 kg de drogue, visait à produire la paix ». Et c’est au nom de la même paix que le parquet s’est opposé à l’organisation des poursuites pour ce qui est de la plainte contre x de Sébastien Ajavon. C’est donc avec circonspection que l’opinion a désormais accueilli les poursuites judiciaires engagées dans le cadre de la lutte contre la corruption. Entre rapports d’audits sélectifs et les condamnations prononcées en conseils des ministres en lieu et place de la justice, on ne sait plus s’il faut accorder du crédit à cette initiative de la rupture.

C’est surtout l’affaire Laurent Mètongnon qui a permis de confirmer ce sentiment de chasse aux sorcières et de règlement de compte. Du rapport de l’Igf qui a servi de base d’accusation en passant par son audition à la Bef jusqu’à son placement sous mandat de dépôt étendu à la programmation fantaisiste de son procès, toutes les personnes avisées ont pu réaliser qu’il s’agit là d’un procès en sorcellerie. Plus proche de nous encore, un autre procès vient de se dérouler. Celui dit de « faux médicaments » dans lequel les grossistes répartiteurs sont accusés de vendre des médicaments falsifiés.

En attendant la suite au niveau de la Cour d’Appel, le déroulement du procès au niveau de la première instance, a permis aux observateurs de comprendre que la véritable motivation de ce procès est ailleurs. Deux ans après, l’opération de lutte contre la corruption est beaucoup plus un moyen de chantage et de neutralisation des adversaires politiques qu’un moyen pédagogique d’assainissement des mœurs

 

Commentaires

Commentaires du site 5
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    le lutteur contre la corruption même est propre?

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    La lutte contre la corruption objet de chantage et de règlement de compte! Ah oui pour des gens qui ont quelque chose à se reprocher!!!

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    Il sera de l’autre côté un jour.

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    KOMAHOUE Eugène Il y a 3 mois

    CRIEZ ET VOCIFÉREZ COMME VOUS SEMBLE. SI QUELQU’UN TOMBE DEDANS, IL SERA PRIS. CHOISISSEZ LE YOUTH OU LE FREEDOM