Bénin : Les partenaires sociaux et le gouvernement Talon en relation difficile

Bénin : Les partenaires sociaux et le gouvernement Talon en relation difficilePhoto de la rencontre du Président Talon avec les centrales syndicales

Le gouvernement de la rupture après deux ans de gouvernance, a réussi à se mettre à dos les partenaires sociaux qui pourtant devraient l’aider dans sa gestion des affaires publiques.

Un an de gestion de Patrice Talon

Ce difficile rapport entre les deux parties est la conséquence de la parodie de dialogue social du régime, pour le dégel de la crise qui paralyse l’administration publique depuis plusieurs mois.

Si en deux ans de gouvernance, le président de la République a pu séduire les uns pour son pragmatisme dans la gestion de la cité, il est loin d’avoir convaincu les partenaires sociaux. C’est le constat amer découlant de la persistance de la fronde sociale dans le pays. Depuis la volonté du gouvernement de retirer le droit de grève aux travailleurs, les relations entre ceux-ci et l’exécutif ne sont plus au beau fixe. Laquelle volonté n’a pas été du goût des travailleurs, qui ont le 16 janvier 2018 déclenché une grève pour protester contre ce projet de loi du gouvernement qui, selon eux, est contraire à la constitution béninoise du 11 décembre 1990. Ce fut une occasion pour eux de mettre dans leurs différentes motions de grève leurs revendications corporatistes. La Cour constitutionnelle dans sa décision, a déclaré contraire à la constitution le projet de loi du gouvernement. Mieux, elle déclare que la grève ne peut pas être supprimée mais plutôt encadrée. Une décision diversement appréciée par les uns et les autres.

Défalcations, le point d’achoppement

Etant donné que les revendications corporatistes étaient dans les différentes motions de grève des travailleurs, la grève a continué dans certains secteurs d’activité en dépit de la décision de la Cour. Les négociations ont dès lors commencé entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales pour le dégel de la crise. Mais après plusieurs séances de négociations dont la dernière en date est celle du 13 mars passé, les deux parties n’ont pu accorder leur violon. Pour cause, la volonté manifeste du gouvernement de ne pas rétrocéder les salaires du mois de février « arbitrairement » et « abusivement » défalqués, a radicalisé la position des travailleurs notamment les enseignants.

Pour mémoire, le gouvernement a estimé que la grève des travailleurs est « illégale ». Illégalité pour laquelle il a procédé à la défalcation sur les salaires du mois de février. Pourtant, la loi 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève, dispose en son article 5 que les grèves qui portent sur les droits acquis et sur les violations des libertés fondamentales ne peuvent pas faire l’objet de défalcation pour les travailleurs. Une disposition qui contraste avec la position du gouvernement Talon. Mais ce qui a davantage radicalisé la position des travailleurs, c’est la volonté du gouvernement en plus de la défalcation, de radier les travailleurs qui seront absents à leur poste. Une attitude que les secrétaires généraux des différentes centrales et confédérations ont dénoncée, en estimant que le gouvernement ne peut pas vouloir négocier pour le dégel de la crise et poser des actes de ce genre.

Au passage, c’est à cause de cette défalcation que les magistrats et les agents de la santé sont repartis en grève en février. Pendant que le bras de fer entre les partenaires sociaux et le gouvernement est de plus en plus vif, ce sont les apprenants, les justiciables et les patients qui en pâtissent. Vivement donc que cette crise trouve enfin un dénouement heureux, pour l’intérêt de la nation toute entière

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