Lettre ouverte au président Patrice Talon du Cfspd

Lettre ouverte au président Patrice Talon du Cfspd

Monsieur le Président, Il y a deux ans, le peuple béninois vous a porté au pouvoir sur la base d’un contrat social que vous vous êtes engagé par serment à respecter le 6 avril 2016 à Porto Novo.

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Ce contrat porte sur : l’égalité des chances pour tous, la réduction du chômage, la lutte contre l’impunité, le respect des institutions et des lois, le respect des libertés, la démocratie et l’équilibre des pouvoirs des institutions, une présidence crédible et qui force le respect etc., autant de promesses qui ont fondé de grands espoirs placés en vous.

Monsieur le Président,

Le bilan de deux ans de votre gouvernance fait apparaître un Bénin en crise politique, sociale, économique, morale et éthique. On assiste à une concentration des richesses aux mains d’une petite minorité, la faim et la misère pour la majorité ; vous avez promis des nominations sur appel à candidatures mais vous pratiquez une politique partisane et népotiste. Quand le plus grand nombre des travailleurs gagnent moins de 40.000 francs CFA, vos collaborateurs sont grassement payés à coup de millions de francs, vos préfets et ministres sont mieux payés que leurs homologues français selon les chiffres qui circulent sans que vous puissiez apporter la preuve du contraire. Vos décisions d’affectation de fonds publics et d’attributions de marchés publics par procédure de gré à gré en faveur du groupe Talon &Co (Sodéco, Morpho-Dys-Safran, Bénin Control/Pvi, Atral, filière anacarde etc.) sont constitutives de conflits d’intérêts. Alors que vous avez promis de créer 500.000 emplois en cinq ans, vous avez aggravé le chômage par une politique de casse des petits vendeurs de rue et de privatisations sauvages. En remettant les clefs de nos entreprises publiques à des groupes étrangers comme le cas du port autonome de Cotonou aux belges, vous humiliez les cadres nationaux et portez atteinte à la souveraineté du pays. Les proches et soutiens du pouvoir qui sont impliqués dans des scandales bien connus (PPa2, Maria Gléta, Machines agricoles, surfacturations au Ministère du Développement durable etc.) restent impunis et protégés. La gestion des conflits sociaux en cours montre que les ministres n’ont aucun pouvoir de négociation et de décision face aux partenaires sociaux et que tout doit remonter au Chef de l’Etat. Personne n’ose prendre d’engagement sans y être autorisé par le Président. Un tel fonctionnement est clairement la marque d’un pouvoir autocratique. Lorsque vous rencontrez les syndicats en grève comme ceux de la magistrature et de la santé, vous prenez des engagements qui ne sont pas tenus, mais vous tentez de supprimer le droit de grève. La parole présidentielle est ainsi dévaluée et perd toute crédibilité. Vous portez une lourde responsabilité dans la poursuite des mouvements de grève en cours et des conséquences dont le risque d’une année blanche pour la jeunesse du pays.

Monsieur le Président,

Les atteintes aux libertés démocratiques restent un des principaux marqueurs de votre gouvernance. La liberté d’association est mise à mal par des décrets et arrêtés scélérats d’interdiction d’associations d’étudiants, des interdictions et répression de réunions, de manifestations, des attaques frontales contre la liberté de presse avec des interdictions de journaux et télévisions par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac), piratages et brouillages de radios qui ne chantent pas les louanges du pouvoir.

Votre gouvernance s’est particulièrement distinguée dans la violation de la constitution et le non-respect des décisions de la Cour Constitutionnelle. En deux ans, on dénombre plus d’une douzaine de cas dont notamment la décision DCC 17-262 du 12 décembre 2017 exigeant la désignation par les députés des membres du Cos-lépi le 21 décembre 2017 au plus tard et l’installation du Cos-Lépi le 29 décembre 2017 au plus tard, la décision DCC 18-075 du 15 mars 2018 condamnant le Président de l’Assemblée nationale pour avoir « délibérément décidé de ne pas se conformer et précisant que la Lépi restait la seule liste électorale valable jusqu’en 2021 » dont vous vous êtes rendu complice par votre silence. Vous avez vassalisé les institutions comme la Haac et surtout l’Assemblée nationale où une majorité de députés corrompus est appelée à voter les yeux fermés, les lois voulues par le Chef de l’Etat. Votre pratique du pouvoir se résume à une attaque frontale contre la démocratie et l’état de droit dans notre pays.

Monsieur le Président,

En deux ans, vous avez trahi les espoirs placés en vous et rompu le contrat social passé avec le peuple béninois. Comme l’a montré l’éminent juriste et homme politique Philippe Noudjènoumè, vous vous êtes rendu coupable de parjure et de haute trahison. La leçon principale qui ressort du bilan de vos deux ans à la tête du Bénin et des luttes populaires en cours, c’est la faillite et le rejet de votre gouvernance. Le peuple béninois aspire à une nouvelle gouvernance qui prenne en compte ses aspirations. Voilà le sens profond des combats qu’il mène pour reprendre en main son destin. S’il vous reste encore un brin d’amour pour ce peuple, vous devriez l’écouter et tirer les conséquences qui s’imposent.

Les manœuvres visant à paralyser le COS-LEPI et l’actualisation de la Lépi suscitent de fortes inquiétudes dans la diaspora béninoise. Elle demande un recensement exhaustif de tous les béninois de la diaspora et met en garde contre toute tentative de remplacer la Lépi par une liste extraite du Ravip. Elle joint sa voix à celle des patriotes et démocrates de l’intérieur pour appeler à la réunion des Etats généraux du peuple pour redéfinir les bases de notre vivre ensemble et doter le pays d’un gouvernement patriotique et de probité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, les salutations patriotiques de la diaspora béninoise.

Paris le 20 avril 2018

Pour la Diaspora

 

Honoré LOKOSSA Dorothé ALIA Justin AZANKPO

(CFSPD) (CCDB) (FCBE)

Commentaires

Commentaires du site 7
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    Azanhouan Il y a 8 mois

    Voilà encore une manoeuvre du PCB (les maudits de la République) pour distraire le peuple béninois

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    TEKPO Yaovi Il y a 8 mois

    Dans tout ce qu’ils ont dit on ne retrouve aucune proposition pour ce pays. Ils n’ont fait qu’aligner des phrases. C’est toujours la même ritournelle et ce pays n’avance pas. Pour une fois on a à la tête de ce pays un homme qui a une vision totalement différente de ses prédécesseurs,une notion de l’efficacité, une assurance et une détermination palpables on veut le décourager et le ramener à nos habitudes de beninoiserie.

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    kolawole Il y a 8 mois

    On dit dans ma langue que <> à cette allure la bombe va explosé et cela serais dommage pour notre chère président.

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    GNONLONFOUN Crépin Il y a 8 mois

    Pour moi ,c’est le succès pour ce pays qui compte donc ,attendons la fin et nous pourrons juger ces actes posés par  le chef de l’Etat.Mais ne privatisons pas jusqu’aux plantons .

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    AIGBEDE Juled Il y a 8 mois

    C’est normal qu’on détourne dans les écoles publiques puisque c’était ce détournement qui avait fait échoué le PRPB et a mis le pays sous un poids infernal de la pauvreté et de la dette. On a accepté l’option libérable en 1990 c’est-à-dire la démocratie et la privatisation car le béninois détruis la chose publique? Pourquoi refuser la privatisation ? Même les écoles publiques ils faut les privatiser et on verra si quelqu’un peut rester à la maison et prendre gratuitement les deniers publics.

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    AIGBEDE Juled Il y a 8 mois

    Toutes lois est modifiables pour tenir compte des nouvelles réalités. Pourquoi refuser de remplacer la lepi par le Ravip si la lépi et cos-lepi étaient des instruments de fraudes de Yayi et depasser.Si l’Assemblée l’adopte c’est terminée : La lepi sera belle et bien remplacée par le Ravip. Moi j’approuve. Les travailleurs du Bénin sont des paresseux. C’est pourquoi depuis 1960 on tourne en rond. Imaginé pour ce petit Ravip des agents recenseurs demandent de l’argent. Donc, nous ne voulons pas travailler.

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    CFSPD,CCDB,FCBE.Tout cela veut dire quoi ?