Poursuite de la grève au Bénin : Dieudonné Lokossou situe les responsabilités

Poursuite de la grève au Bénin : Dieudonné Lokossou situe les responsabilités

L’ancien secrétaire général de la confédération des syndicats autonome, Csa, a accepté malgré ses occupations et sa retraite, de nous livrer ses impressions sur la poursuite de la grève et surtout la tentative de dégel qui défraie la chronique.

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Il se refuse de juger les centrales syndicales qui ont appelé à la suspension de la motion de grève, et appelle le gouvernement à sortir de la logique de l’arrogance pour opter pour le dialogue franc et sincère.

En allant rencontrer l’une des figures emblématiques de la lutte syndicale au bénin, Dieudonné Lokossou, il y avait l’idée de lui arracher des mots sur les centrales syndicales qui ont cosigné le communiqué de suspension de la motion de grève. Malheureusement, l’homme est resté sage en annonçant : « je n’ai pas à porter de jugement de valeur aux centrales syndicales qui ont pris cette décision ». Et pour être plus clair, il précise : « je ne suis plus à la bourse du travail, et je ne regrette pas d’avoir passé le témoin à mon successeur Anselme Amoussou, alors il est suffisamment responsable pour prendre telle ou telle décision ».

Pour l’ancien secrétaire général de la Csa, « seule l’histoire nous dira si cette décision a été bonne ou mauvaise ». A la question de savoir si l’on peut voir derrière cette suspension de la grève par les trois centrales syndicales une velléité de déstabilisation, le combattant syndicaliste répond que tout est possible. Mais regrette que le gouvernement ne comprenne pas que la vraie solution est dans la négociation.

Il se rappelle d’ailleurs qu’étant encore en fonction, 5 de ses collègues Sg et lui avaient signé en 2016, la charte sur le dialogue social. Il précise que c’est un texte conçu sous Yayi, mais qu’ils ont accepté de signer sous la rupture pour montrer leur bonne foi à œuvrer pour le dialogue. Mais le combattant regrette que les faits aujourd’hui semblent plutôt donner raison au secrétaire général de la Cstb de l’époque, Paul Issè Iko, qui était le seul à avoir refusé de signer le texte. C’est pour cela qu’il appelle le gouvernement, mais aussi les travailleurs, « à mettre de l’eau dans leur vin pour privilégier l’intérêt supérieur de la national ».

Il souhaite que la grève connaisse une trêve et que le gouvernement se lance véritablement dans le dialogue avec les travailleurs, plutôt que de verser dans « les menaces et intimidations de toutes sortes ». Dieudonné Lokossou trouve que le dialogue social est bloqué. Le gouvernement actuel préfère des arguments faciles comme celui de « la main invisible », pour faire allusion à une certaine manipulation politique de l’action syndicale.

Des affirmations qui fâchent et ulcèrent l’ancien Sg de la Csa, lui qui se rappelle que depuis des années, les acteurs politiques ont démissionné, laissant les syndicats mener à la fois des luttes syndicales et des revendications politiques. Mais de là à penser que les syndicats sont manipulés par les politiques, voilà des choses qui choquent vraiment Dieudonné Lokossou, dont ni le temps ni l’âge n’ont pu altérer la hargne pour les revendications socioprofessionnelles.

Mais il rassure qu’il a pris ses distances de manière à mettre fin aux ragots qui racontent qu’il ne veut pas partir de la bourse du travail, alors que la plupart du temps qu’il s’y rend c’est juste pour rencontrer Noel Chadaré son ancien collègue de lutte. Malgré sa distance, Dieudonné lokossou reste un inconditionnel de la revendication, puisqu’il est en ce moment le président au Bénin de l’Ong les Nouveaux Droits de l’Homme

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