Affaire Atao Hinnouho : Les raisons de douter de l’impartialité de la procédure

Affaire Atao Hinnouho : Les raisons de douter de l’impartialité de la procédure

A travers la chaîne de télévision nationale, l’Ortb, les citoyens ont pu regarder la sortie médiatique du procureur de la république auprès du tribunal de première instance de première classe de Cotonou, diffusée le mardi 1er mai 2018.

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Ce denier a présenté à l’opinion, le rapport du médecin chef du service des urgences du Cnhu, sur l’état de santé d’un pensionnaire spécial en la personne du député Mohamed Atao Hinnouho. Ce rapport est présenté par le procureur et assorti de ses propres déductions et commentaires. Ce qui donne à douter de l’objectivité de la procédure.

Le procureur de la république près le Tpi de Cotonou, à travers sa sortie médiatique du 1er mai 2018, a présenté l’état de santé de l’He Mohamed Atao. Il a dit que sa déclaration est inspirée du rapport du médecin traitant du député, le docteur Pamphile Assouto. Le procureur a expliqué que l’He Atao lui a fait part de ce qu’il avait été agressé et qu’il ressentait un malaise. C’est alors qu’il a décidé de faire venir une ambulance du Samu, et a demandé que le député soit conduit pour examen au service des urgences du Cnhu. C’était le vendredi 27 avril 2018, autour de 20h 15 mn.

Le procureur relate que le chef service des urgences qu’il a réquisitionné, a passé le patient au scanner. Le procureur déclare que les résultats du scanner attestent que le patient ne présente aucune lésion ni œdèmes sur ses parties molles de son corps. Le procureur aboutit donc à la conclusion que les résultats de ce scanner attestent que les déclarations du député selon lesquelles il avait été victime d’agression sont infondées. Il voit alors dans ces déclarations du député, des calomnies qui sont punies par l’article 373 du code pénal.

De sérieuses zones d’ombre

Cette sortie du procureur de la république au sujet de l’état de santé du député Atao, laisse quand même planer quelques doutes sur la procédure d’enquête du procureur, sur le cas d’agression d’un représentant du peuple. Il est curieux de remarquer que ce soit le procureur qui n’est pas médecin, qui s’est chargé de présenter un rapport médical. Dans les règles de l’art, c’est le médecin auteur du rapport qui devait le présenter à la presse, parce que capable d’expliquer en français facile le vocabulaire technique contenu dans le rapport. Par ailleurs, le procureur sans être médecin, tire la conclusion que le fait de n’avoir pas retrouvé des œdèmes et des estafilades sur le corps du député, revient à déduire qu’il n’a pas été agressé. Une conclusion surprenante qui amène à rechercher le sens du mot agression.

Ce n’est pas au procureur qu’on rappellera qu’on distingue deux sortes d’agressions : l’agression verbale et l’agression physique. Que l’agression verbale peut être quelques fois plus assommante que l’agression physique. Et que la violence de l’agression verbale peut créer chez l’agressé des troubles traumatiques pouvant aboutir à la dépression. L’agression physique elle-même n’est pas forcément celle qui laisse des séquelles. Barrer la voie à quelqu’un qui ne s’y attend pas, le bousculer, le tenir par le collet, le faire décoller du sol et le déposer habilement constituent autant d’actes d’agression qu’aurait pu subir le député…

Haro sur l’impartialité de la procédure

Ce qui jette le doute sur cette déclaration du procureur, c’est le souci du détail qu’il avait à présenter l’état de santé du député. Au point d’évoquer des aspects que les médecins eux-mêmes auraient qualifiés comme relevant du secret médical. Mais pour ce qui apparait comme une plainte du député, les oreilles averties ont noté que le procureur a évoqué de façon laconique son contenu. Il a dit que le député prétend avoir été agressé. Sauf qu’ici le procureur n’est plus détaillant. Il ne rapporte pas complètement les propos du député pour dire à l’opinion où le député a été agressé, les auteurs supposés de cette agression et les personnes présentes au moment où se déroulait l’agression.

Cette économie d’information du procureur, ne rassure point, quant à l’impartialité observée dans cette procédure. En aucun moment, le procureur n’a évoqué son engagement à convoquer les auteurs supposés de cette agression, dans la perspective de les écouter et de les confronter au plaignant. Sa sortie et c’est lui-même qui le dit, avait seulement pour but de « mettre un terme à la propagation de fausses nouvelles ». Comme pour dire que pour le procureur sans même mener ses enquêtes, avait déjà conclu que la plainte d’agression du député est « une dénonciation calomnieuse »…

Affaire à suivre !

Les œillères de Togbonon

Le procureur Togbonon transforme-t-il son ministère en servitude ? Sa dernière sortie médiatique sur « l’affaire Atao », du nom du député de la 15e circonscription, torturé dans l’affaire dite des faux médicaments, n’a l’air de rassurer personne. Au contraire, son contenu inquiète lorsqu’on pense un instant que son auteur est magistrat investi d’un ministère aussi sérieux comme celui de procureur de la république.

En dehors du fait qu’il a pris l’habitude de dévoiler quelques secrets de l’instruction dans ses show médiatiques, Togbonon a pris le risque d’exposer des pans entiers du certificat médical de l’honorable sans son consentement. Bien que ce certificat médical ait été obtenu sur sa demande et dans le cadre d’une instruction, il ne peut en aucun cas décider d’en exposer les détails publiquement.

Plus grave, le recours à des examens pour démontrer que le député n’a pas été brutalisé, paraît saugrenu. Pour beaucoup de médecins, le député peut être bien brutalisé, agressé sans que les différents examens ne révèlent rien. Tout dépend de l’ampleur de l’agression et des parties du corps qui sont touchées. Pourquoi le procureur ne diligente pas une enquête policière pour connaître la vérité sur les déclarations du député ? Pourquoi ne cherche-t-il pas à écouter les policiers cités à la fois par l’intéressé et son avocat ? Comment expliquer qu’il s’est évanoui ? Est-ce toujours les problèmes psychiatriques dont parle Togbonon ? Autant de questions qui restent sans réponse après la sortie médiatique du procureur.

Commentaires

Commentaires du site 3
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    PDg animal Il y a 5 mois

    Seul Dieu ae dernier mot et chacun sera jugé selon ses œuves 

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    jérémie Il y a 5 mois

    il est bien vrai mais c’est Dieu qui va nous aidé

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    Aucun policier ne peut bastonner un citoyen au tribunal devant un juge.