Bénin : La presse universitaire aux abois

Bénin : La presse universitaire aux abois

La presse universitaire n’a pas échappé aux réformes à l’ère du Nouveau départ. Depuis 2016, elle fonctionne sans subventions de l’Etat.

La liberté de la presse : Une question de volonté politique

Situation préoccupante, car cette presse qui participe d’une manière ou une autre au renforcement de la démocratie et de la liberté de presse, se retrouve aujourd’hui dans léthargie.

A l’ère de la rupture, la presse universitaire fait face à de rudes épreuves. Lesquelles épreuves ont commencé le 05 octobre 2016, date de prise en Conseil des Ministres du décret portant suspension des activités des organisations estudiantines.

Depuis ce temps, la presse universitaire, l’ensemble constitué de « Le Héraut », « Le Révélateur » et la station Radio Univers, ne bénéficie plus des subventions de l’Etat pour son fonctionnement. Les responsables des organisations estudiantines ont beau mener des démarches, la Cour Constitutionnelle ayant déclaré contraire à la constitution le décret pris par le gouvernement, ce dernier n’a pas changé de plan. Il reste donc campé sur sa position, celle de sevrer la presse universitaire en particulier, et les organisations estudiantines en général.

Depuis, ces trois organes mènent une lutte perpétuelle pour survivre. Mais c’est la croix et la bannière, car selon les informations recueillies, ces organes ne vivent aujourd’hui que de ‘’petits’’ partenariats. Une situation qui devrait bientôt amener les acteurs de cette presse à jeter à la poubelle le professionnalisme, pourtant cher à la corporation.

Aussi, faut-il ajouter que le malaise va grandissant puisque les échéances de parution pour ces journaux ne sont plus respectées. De deux parutions le mois par le passé, ils ne paraissent qu’une seule fois aujourd’hui, et ceci avec beaucoup de difficultés. Pis, ces trois organes mènent des activités loin de leur rôle premier, celui de former et d’informer la communauté universitaire pour trouver des ressources financières nécessaires à leur fonctionnement.

Une question s’impose alors. Pourquoi priver de ressources financières cette presse qui a contribué et contribue encore au développement du pays ? Les exemples d’atouts apportés par cette presse sont légion. D’une part, elle a permis l’éveil du peuple, surtout la couche juvénile pendant la période marxiste-léniniste de Mathieu Kérékou. Ceci a conduit, certes avec la lutte des acteurs politiques béninois, à la Conférence des forces vives de la nation de 1990. Le Bénin profite jusqu’à ce jour des conclusions issues de ces assises.

D’autre part, plusieurs cadres béninois ont fait leurs premières armes dans cette presse, et qui se retrouvent aujourd’hui dans les hautes institutions de l’Etat tels que Wilfried Léandre Houngbédji, Directeur de la communication de la présidence de la république, Joseph Djogbenou, Ministre de la Justice, Charles Toko, maire de Parakou, Edouard Loko, chargé de mission du chef de l’Etat, etc. Paradoxe ! Puisque toutes ces personnalités sont des collaborateurs de Patrice Talon, mais n’ont jamais plaidé en faveur de cette presse qui vacille depuis 2016.

Il urge donc que le gouvernement revienne à la raison et renoue avec ces subventions, car la situation que vit cette presse actuellement n’est guère dans l’intérêt de ses animateurs, ni de la couche estudiantine ou du peuple béninois

Ne ratez rien de l'actualité People (cliquez ici)

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    lumium Il y a 4 mois

    Bien sur tout le monde s’en fout bof vive les incultes https://www.youtube.com/watch?v=v94v5GrLmWo