Nos sept péchés capitaux

Nos sept péchés capitaux

Point de vue et leçon de vie

“A tout péché miséricorde “. Pour dire, par cette locution proverbiale, que toute faute est pardonnable. Nous ne sommes donc pas irrémédiablement ligotés à nos péchés. Nous pouvons changer.  Du reste, nommer nos péchés, c’est prendre la voie de nous en libérer.  Mais, question : comment avons-nous pu établir la liste de nos sept péchés capitaux ? Une sélection plutôt personnelle, par conséquent subjective, somme toute arbitraire. Unique souci : trouver matière à débat.

1 – Nous n’avons pas assez confiance en nous-mêmes. La confiance en soi, c’est d’abord la conscience d’un pouvoir intérieur. Un pouvoir qui nous dispense d’aller chercher hors et loin de nous ce qui est déjà en nous. Pourquoi errons-nous donc de confrérie en réseau à la recherche d’un improbable salut ? Ne parlons pas de cette méfiance pathologique que nous avons de tout et de rien. “Sache où tu mets les pieds”. “Sache qui tu fréquentes”. “Attention à ce que tu bois, à ce que tu manges” ” Il n’est point de mort naturelle, et la mort n’est jamais où l’on croit.”

2 – Nous ne savons pas nous associer durablement à d’autres. Cela découle de cette méfiance sus mentionnée. Nous sommes d’un individualisme outrancier, parce que   adeptes du “Gbadé tché djin na bi”. Une telle disposition d’esprit pousse à méconnaître une donnée majeure qui a valeur de loi : nul ne peut s’enrichir tout seul ; nul ne peut s’enrichir véritablement sans enrichir l’autre. Le titre de notre dernier ouvrage, cosigné avec Thomas Boya, ne dit pas autre chose : “La richesse, c’est moi, c’est toi et moi”.

3- Nous ne savons pas être nous-mêmes. En nous obstinant à nous voir dans le miroir que nous tendent les autres, nous manquons d’être et de rester nous-mêmes. Nous nous appliquons à faire comme…”Peau noire, masques blancs”. Plutôt les apparences que la réalité. Plutôt le contenant que le contenu. Nous nous laissons embarquer dans des aventures   scabreuses. Nous n’en sortons, au mieux, qu’aplatis et avachis. L’irresponsabilité en prime, la misère comme bénef !

4 – Nous ne savons pas bien communiquer. Dans notre relation à l’autre, nous jouons au chat et à la souris : trop de malices, trop de torsions et de contorsions, trop de non-dits, peu de transparence. Soit nous parlons trop pour ne rien dire. Soit nous parlons peu pour ne livrer -et encore – que l’écume de nos pensées. La communication, dans ces conditions, est biaisée. Elle tourne vite en un jeu, un jeu d’ombres, dans l’ombre. Non initiés, dehors !

5 – Nous ne savons pas partager. Partager, c’est renoncer à sa part de quelque chose au bénéfice d’une tierce personne. De manière désintéressée. En toute bonne foi. Sans attendre une quelconque contrepartie. Nous n’atteindrons cette hauteur en altruisme qu’en nous faisant moins calculateurs. Nous ne serons capables d’une telle envolée vers les cimes du don de soi qu’en nous faisant plus désintéressés.

6 – Nous ne savons pas pardonner. Nous avons une forte tendance à la rancune. Nous affectionnons donner coup pour coup. Nous gérons nos différends comme un legs. Un legs qui traverse les âges, une charge sacrée assumée de génération en génération, un trésor mémoriel qui marque durablement l’histoire de nos familles et de nos communautés. Nous aimons ainsi rendre à quiconque la monnaie de sa pièce.  Histoire de ne jamais solder nos comptes. Histoire de boire le calice de la haine et de la rancune jusqu’à la lie.

7- Nous ne savons pas nous projeter dans l’avenir. A vouloir faire tout dépendre de Dieu, sans prendre sa part de responsabilité dans tout ce qui arrive, laisse vivre dans un présent aveugle. Sans la moindre vue sur le futur. Sans la moindre ouverture sur l’avenir. “Mahu Kêdê”. Et la messe est dite ! Voilà l’une des causes de nos retards. Des exemples pour l’illustrer : s’extraire du devoir de préparer sa retraite, vivre au jour le jour, manger son maïs en herbe, oublier d’assurer ou de faire assurer à bonne date la maintenance de son véhicule ou celle de l’ascenseur de son service. Longue est la chaîne de nos actions ou omissions, toutes celles qui nous font sacrifier l’avenir sur l’autel d’un présent souvent peu glorieux.

Nous venons de confesser nos péchés. Mais Dieu ne demande pas la mort du pécheur. Alors, après l’absolution, à nous la rédemption !

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire

    Le péché est universel et ne connaît pas de couleurs de peaux.  Tous ces maux décrits ici, je les ais vu ici aussi en Europe. La seule différence c’est qu’ils ont mis des lois en place, qui lorsqu’elles ne sont pas respectées conduit aux sanctions financières, amandes, etc. Malgré cela, il y a une certaine classe et type de personnes qui arrivent à se soustraire à la justice, comme nous le voyons présentement avec D. Trump.  Ce qui manque chez nous donc, c’est ce qu’ils appellent “rule of law” en Anglais.