Coupe du monde de Football : l’envers et l’endroit du décor

Coupe du monde de Football : l’envers et l’endroit du décor

Fiévreux mois de juin : le football mondial prend ses quartiers sur les terres de la Russie. Le rouge historique de ce pays virera aux couleurs kaléidoscopiques du monde.

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Nous sommes appelés à vivre un événement majeur. Il intervient tous les quatre ans, dure quatre semaines, confond toutes les générations d’âge, efface les frontières entre riches et pauvres. Mais qu’on ne s’y trompe point. Nous n’avons pas affaire à une plateforme démocratique, tenant sept milliards d’humains dans les liens d’une citoyenneté planétaire. Nous n’avons pas affaire non plus à une fraternité universelle, étanchant la soif d’un vivre ensemble à la source de l’humaine condition.

La Coupe du monde de football cache son jeu pour mieux protéger et défendre ses vrais enjeux. Il reste néanmoins que les vertus du football ne sont pas des moindres. Elles méritent qu’on s’y arrête. Avant que nous ne levions un coin de voile sur l’envers du décor.

– A travers la Coupe du monde de football, ce sont des hommes qui vont vers d’autres hommes. La cote de popularité du football sur tous les continents ne cesse de faire monter les actions à la bourse des valeurs sportives. Avec et par le football vit et vibre le monde, ce “village planétaire” que prophétisait alors le Canadien Mc Luhan. Le football est une industrie. Il appelle la coopération de divers corps de métiers dans la production de biens et de services. Le football est un marché. Chacun peut y chercher et trouver son compte dans un marchandage sans fin, à coup d’enchères sans limites.

– A travers la Coupe du monde de football, des hommes font rêver d’autres hommes. Qu’ils habitent les quartiers huppés de nos villes ou qu’ils s’assèchent au soleil de la misère dans nos bidonvilles. Que de jeunes gens, ici et là, grâce au football, ont réussi à changer le cours de leur vie, après qu’ils eurent ensemencé leur esprit d’un grand et beau rêve. Le rêve de marcher sur les pas de Messi. Le rêve de se voir un jour, tel Ronaldo, dans le miroir de leur volonté en fer de lance.

C’est dire qu’à travers le football en général, qu’au-delà de la fête mondiale du football, ce sont des milliers d’hommes et de femmes, de toutes nationalités, qui vivent du football, qui font vivre le football. Ils y trouvent des ressources pour bâtir un projet de vie, pour se donner des raisons de croire et d’espérer.

C’est au nom de ces nobles idées que tous ceux qui aiment le football doivent se donner la main. Ils ont devoir de le mettre à l’abri des dérives qui le détournent de sa trajectoire première. Quelles sont ces dérives ?

1- Le football à la botte de la politique. Difficile d’affranchir le football des tentacules de la politique. Les exigences et les engagements financiers liés à l’organisation d’une coupe du monde en font l’affaire d’un Etat ou d’un groupe d’Etats. Par rapport à quoi, les principes d’autonomie agités par l’instance faîtière mondiale, la Fédération internationale de football Association (Fifa), résonnent comme une simple pétition de principe. L’Américain Donald Trump menace de sanctions ceux des pays qui ne porteront pas leur choix sur la candidature des Etats-Unis pour l’organisation de la Coupe du monde 2026. Rien de nouveau sous le soleil : le chef, le vrai, c’est celui-là qui met la main à la poche.

2 – Le football à la sauce du magot. Le niveau des investissements dans le football donne le vertige. Il en va ainsi des gains, profits et intérêts générés par le football, des salaires ou du coût des transferts de joueurs d’un club de football à l’autre. Il est rare que la vertu ait le dernier mot là où l’argent est roi, là où l’argent dicte sa loi. En ces espaces, on ne sacrifie qu’au dieu argent, on n’évalue et n’apprécie l’homme qu’à l’aune de l’argent. Sous des dehors démocratiques, c’est une ploutocratie qui est à l’œuvre : une prime aux riches contre les pauvres.

3- Le football, le nouvel opium des peuples. Deux questions. Pourquoi les Béninois supportent-ils plus Barcelone ou le Real Madrid que les “Ecureuils”, leur équipe nationale ? Pourquoi les Béninois préfèrent-ils applaudir à la télévision les exploits des autres plutôt que de pousser les leurs à être au nombre de ceux qui font l’événement ? La fête du football commence. N’arrêtons pas de réfléchir.

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