Révision du code électoral : Des arguments peu convaincants pour soutenir le couplage des élections

Révision du code électoral : Des arguments peu convaincants pour soutenir le couplage des élections

Invité sur une radio privée qui émet de Cotonou le samedi 16 juin 2018, un député membre du Bmp a porté la voix de son groupe parlementaire pour défendre l’idée de ramener l’ensemble des élections organisées dans le pays, à une seule échéance électorale encore appelée : élections générales.

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Deux arguments sous-tendent cette idée du Bmp. Le premier argument porte sur de l’économie que pourra engendrer une telle initiative et le second argument indique qu’en ramenant toutes les élections à une même année, cela permettra de remettre les populations au travail. Loin de déclarer de tels arguments non convaincants, il y a tout au moins lieu de mettre en évidence leurs zones d’ombre.

Ce député pose que l’organisation de manière séparée des trois types d’élection que sont : la présidentielle, les législatives, puis les municipales, les communales et les locales, constituent un gouffre financier pour le pays. Pour son groupe parlementaire, ramener l’ensemble de ces élections à une seule échéance qui les regroupe toutes dans le cadre d’une élection générale, entraînerait des économies conséquentes pour la caisse de l’Etat.

Cet argument tel qu’avancé à l’air convaincant, parce que l’on y entend parler d’économie. Mais cela recèle un piège, celui du regroupement des élections. On sait déjà que l’organisation d’un seul type d’élection n’a jamais été chose aisée pour la Cena, et l’ensemble des structures impliquées. On peut dès lors prédire que cumuler les élections présidentielles, les législatives et les municipales, les communales et locales, ne sera pas chose aisée. Il vaut mieux dépenser plus et bien faire que vouloir faire des économies et plonger le pays dans des crises post électorales regrettables.

Le piège inavoué

A moins de sous-estimer chaque type d’élection, ce serait inconséquent que parler d’élections générales en ce moment. Etant donné que le même code électoral en gestation prévoit d’étendre les compétences de la commission électorale nationale autonome, Cena, à quel moment cette Cena s’adaptera-t-elle à ses attributions additionnelles, pour être en mesure d’organiser des élections générales. Bien plus, quelles lacunes ou problèmes réels l’organisation des élections distinctes ont-ils posé pour envisager l’organisation des élections générales ?

De l’économie annoncée et de la quiétude post électorale qu’est ce qui mérite d’être le plus recherché ? Le même député a laissé entendre que l’autre avantage lié à l’organisation des élections générales ou des élections qui se tiennent toutes la même année, se rapporte au fait d’amener les populations à travailler. Notre parlementaire fait remarquer que lorsque les élections s’enchaînent trois années successives comme ce sera le cas en 2019, 2020 et 2021, cela entraîne trois années au cours desquels les populations ne feront que de la politique sans travailler.

La valeur des élections séparées

Cet argument pour étonnant qu’il soit, semble dire que lorsqu’une année abrite une échéance électorale, tout s’arrête dans le pays et ce sont les activités politiques qui préoccupent. Un argument que nos souvenirs, ô combien vivaces de 2016, décrédibilisent dardar. Mais le plus important à relever ici, c’est bien que la séparation des élections poursuit d’abord une ambition politique, au niveau de la gouvernance.

En plaçant toutes les élections législatives au milieu du mandat présidentiel, les gouvernants actuels sont en quête d’un baromètre. Une gouvernance appréciée agirait d’office en bien sur le nombre de sièges que la formation politique au pouvoir engrangerait. On parle alors de vote caution. Si par contre ses actions sont mal appréciées et sa gouvernance mauvaise, il s’en suivra une déculottée lors de ces élections. On parlerait alors de vote sanction. Loin d’être donc une simple programmation fantaisiste, la séparation des échéances électorales comme c’est encore le cas maintenant joue un rôle d’évaluation de la gouvernance qu’une telle proposition du Bmp ne semble pas percevoir.

Commentaires

Commentaires du site 3
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    KPADONOU Il y a 3 mois

    Moi j’aime cette décision car les élections répétées nous conduisent à des guerres chaque fois

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    Jyadore Il y a 3 mois

    Ce n’est pas pas une nouveauté. Plusieurs pays tant européens que africains ont déjà adopté ce système de couplage. Ne me dites pas que le Bénin ne soit pas capable de le faire.

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    Amaury Il y a 3 mois

    Qu’ils commencent déjà par coupler les législatives et les municipales et on verra ce que cela va donner.

    Bandes de nazes !