Bénin : Et si nos voisins nous inspiraient

Bénin : Et si nos voisins nous inspiraient

Le mal développement trouve son meilleur terreau dans au moins trois attitudes. Soit que ni on ne sait ni on ne fait ce qu’on doit. Soit qu’on va chercher loin ce qu’on a pourtant à portée de main.

S’inventer ou réinventer la roue

Soit qu’on copie mal, parfois jusqu’à la caricature, ce que les autres font. Pour autant, il n’est pas interdit de s’inspirer des bons exemples des autres. Les bonnes pratiques ont, en effet, une portée universelle. Point n’est besoin de les réinventer. Qu’il nous suffise de lever la tête, de regarder par-dessus nos frontières, du côté de nos voisins. Voici quelques exemples. Ils pourraient donner, sur notre sol et sous nos cieux, de beaux et bons fruits.

1 – Un guichet spécial et prioritaire pour personnes du troisième âge et en situation de handicap. Le Sénégal l’a institué et l’a promu partout où ces personnes sont à la quête d’un service : banques, centres de santé, établissements publics et privés… Il s’agit de leur simplifier la vie, de leur éviter les longues et fatigantes files d’attente, de les traiter avec respect, le respect qu’elles méritent et qui leur est dû.

Bien sûr, cela nous change de ce que nous vivons, chaque jour, ici, chez nous. Avez-vous déjà vu, dans une salle d’attente, un de nos jeunes gens ou jeunes filles se lever promptement et céder gentiment sa place à une personne du troisième âge ? Qui se préoccupe du sort d’une personne en situation de handicap, condamnée à faire le pied de grue dans une longue queue ? Quel beau et merveilleux pays serions-nous si, dès demain matin, tout changeait, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes !

2 – La promotion au plus haut niveau du « Faso Danfani ». Le Burkina Faso, dans le souci de valoriser un produit local, a mis à l’honneur un tissu appelé le « Faso Danfani ». Un tissu produit à partir du coton burkinabè. Un tissu manufacturé sur les métiers à tisser ou sur les chaînes de fabrication du Faso. Un tissu qui stimule, depuis, la créativité, le sens de l’innovation des teinturiers et couturiers burkinabè. Le « Faso Danfani », maillon après maillon, met en mouvement toute une chaîne d’activités et d’acteurs. Au-delà des slogans, le « Consommer burkinabé » prend corps et forme, objet d’une légitime fierté nationale. Pour et par l’exemple, la plupart des cadres burkinabè, le chef de l’Etat en tête, s’habillent en « Faso Danfani ».

Cela suffit à nous convaincre que nous avons tout à gagner à consommer ce que nous produisons, à faire travailler toute une chaîne d’acteurs locaux, à produire, par nous-mêmes, de la richesse, à libérer le génie créateur qui sommeille en chacun de nous.

3 – L’assainissement urbain. Accra, la capitale du Ghana, a la réputation d’être une cité exemplaire de netteté. Les voies et rues flamboient, si l’on peut le dire ainsi, de propreté. C’est à faire pâlir d’envie tout Béninois de passage dans le pays, après qu’il eut laissé derrière lui, à tous les coins de rue, saleté, gadoue et autres sachets plastiques. Le citoyen ghanéen a totalement intégré la propreté de sa cité au point de jouer le surveillant vigilant, sinon le policier intransigeant qui prend en chasse tous prédateurs, tous pollueurs. On ne traite pas autrement un délinquant. On ne fait pas rentrer autrement un hors la loi dans les rangs. Recette simple pour de bons résultats : rappel à l’ordre et réparation du préjudice causé à autrui, de l’injure faite à la société.

4 – La transparence dans les quêtes organisées sur les lieux de culte. Les églises, au cours des offices, recueillent des dons en espèces pour des œuvres pieuses et charitables. Au Togo, avant la fin de la célébration, on s’impose le devoir de rendre compte du montant de la quête du jour. Cette approche est hautement pédagogique. Elle est à généraliser. Elle concilie deux soucis majeurs : la nécessité de rendre compte et l’exigence de le faire complètement et en toute transparence. Dans nos pays à la gouvernance élastique et en dentelle, la pratique togolaise a valeur d’exemple. Elle parle au cœur et à l’esprit des fidèles. Elle met tout le monde en confiance. Quand cela se passe ainsi, il ne reste plus aux fidèles qu’à rentrer chez eux le cœur léger. Ite missa est : allez,la messe est dite !

Commentaires

Commentaires du site 1
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    Jojolabanane Il y a 1 semaine

    Donneur de leçons…..prenez aussi la place des ministres cher Monsieur le conseiller…