Ousseynou Sy, 47 ans et chauffeur d’un bus scolaire, était arrêté  ce mercredi pour avoir pris en otage les enfants qu’il conduisait en plus de leurs accompagnateurs à l’aéroport de Ligate. Il voulait se servir d’eux comme “bouclier” humain et prendre l’avion pour l’Afrique. “Je voulais aller sur la piste de l’aéroport de Linate avec les enfants que j’aurais utilisés comme un bouclier, et de là partir en avion pour l’Afrique de manière éclatante”, a t-il expliqué aux enquêteurs.

L’homme d’origine sénégalaise mais naturalisé italien depuis 18 ans, mettait le feu au bus alors qu’il est arrêté dans sa course folle par la police. Il disait vouloir donner un signal fort aux africains restés en Afrique les enjoignant à rester chez eux.

« Afrique, soulève toi »

Ousseynou Sy se veut un activiste. Il aurait selon la presse publié récemment une vidéo sur YouTube intitulée « Afrique, soulève-toi », enjoignant les africains à un sursaut d’orgueil en évitant de partir à l’aventure souffrir mille tourments pour une place de vils valets au service d’oppresseurs coloniaux d’antan. « Je veux que mes frères en me voyant restent chez eux » aurait-il confié aux enquêteurs de la police, après son arrestation mercredi.

L’action de Sy, soulèverait quand même quelques interrogations. C’est que l’homme naturalisé depuis 2002, travaillerait pour la compagnie de bus depuis maintenant 15 ans. Un homme sans histoire selon une presse locale ayant interrogé son entourage. Et pourtant le sénégalo-italien avait mis le feu au bus avec à l’intérieur lui et ses otages. Et même si  Sy déclare après coup n’avoir pas voulu attenter à la vie de ces enfants, il n’en demeurait pas moins que n’eut été la célérité des agents de police présents ; cette action d’éclat se serait peut-être terminée en tragédie.

Le fait est que, selon les témoignages des enfants rescapés de l’incendie du bus, rapportés par la presse italienne, Sy en avait gros sur le cœur parce qu’il aurait récemment perdu « trois de ses enfants » dans un périple méditerranéen vers l’Italie. Or récemment encore, le premier ministre italien Salvini refusait d’autoriser un navire de 49 migrants, le Mare Jonio, à accoster, précisant lundi que les navires sauvant des personnes dans des zones de la Méditerranée sous la responsabilité libyenne, lors d’opérations non coordonnées par le centre de commandement de Rome, n’ont pas le droit d’utiliser l’Italie comme port de sécurité.

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