Washington continue de mener sa campagne de « pression maximale » sur ses ennemis et plus particulièrement l’Iran, considéré comme étant la menace principale aux intérêts américains au Moyen-Orient. En effet, l’exécutif vient tout juste d’annoncer une série de sanctions contre Téhéran, mais également contre ses alliés.

Dans les faits, tout pays qui serait tenté d’acheter du pétrole iranien sera, de facto, mis dans le viseur américain. Une mesure qui entrera en vigueur le 2 mai prochain et qui concerne notamment huit pays, dont la Chine, l’Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l’Italie et enfin, la Grèce. En effet, ces huit nations sont celles qui continuaient de commercer avec Téhéran, résultat, celles-ci vont devoir se plier à la demande Américaine sous peine d’être directement visée par une série de sanctions restrictives. Du côté Américain, l’objectif est d’accentuer la pression sur les épaules du régime, afin de porter les exportations du brut à zéro et donc, de priver Téhéran de sa principale source de revenus.

Trump confirme la nouvelle série de sanctions

Une annonce mal accueillie par les principaux concernés et qui a, d’ailleurs, fait grimper les cours du pétrole. Si la Turquie et la Corée du Sud ont d’ores et déjà pointé du doigt cette annonce, tous devraient se plier à la demande Américaine, au contraire de la Chine et de l’Inde. Du côté de Pékin, les tensions économiques avec Washington sont à leur paroxysme et personne ne semble être prêt à lâcher quoi que ce soit à son adversaire. New Delhi en revanche, bien que comptant parmi les alliés de Washington, importe à hauteur de 1/10e de son brut, depuis l’Iran. Résultat, le gouvernement va devoir revoir sa stratégie s’il envisage de collaborer avec les autorités américaines.

Téhéran réagit et pointe du doigt des santions illégales

Il y a quelques mois, le président américain étonnait une première fois en annonçant son intention de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. Seule nation à être allée jusqu’au bout, Les États-Unis mènent, depuis, une véritable guerre contre l’Iran. En outre, les gardiens de la Révolution ont également été placés sur la liste des organisations terroristes de Washington. Entre menaces à répétition et sanctions, le gouvernement Trump ne lésine pas sur les moyens afin de contrecarrer les plans de son principal ennemi au Moyen-Orient, qui, dans le même temps, a qualifié « d’illégales », les sanctions américaines.

L’Arabie Saoudite et l’Opep, pour stabiliser le marché

Il faut dire que le commerce du brut représente 40% des revenus de Téhéran, de quoi plonger le régime dans le noir. De son côté, Trump assure que l’Arabie Saoudite et certains membres de l’Opep, feraient tout ce qui est en leur pouvoir afin de compenser la chute de l’offre. Pour rappel, l’Iran exportait en moyenne 1,7 million de barils par jour vers les pays cités plus haut, dont 628.000 vers la Chine ou encore 357.000 vers l’Inde. Les pays membres de l’Opep vont ainsi devoir redoubler d’efforts afin de garantir une certaine stabilité du marché et donc, des prix à la pompe, qui pourraient vite impacter le consommateur.

Des sanctions qui fonctionnent, pour le moment

Washington espère, via la mise en place de ces sanctions, pousser l’Iran à stopper toutes ces activités jugées « déstabilisatrices », au Moyen-Orient. Selon le gouvernement, le Hezbollah libanais, directement soutenu par Téhéran, le régime al-Assad, là aussi soutenu par Téhéran ou encore les rebelles Houthis au Yémen profitent du régime afin de prospérer et assurer la présence iranienne un peu partout à travers la région. Une situation qui irrite et agace de nombreux observateurs américains qui souhaitent que Téhéran modifie ses plans. 

Cela semble d’ailleurs marché puisque selon Behnam Ben Taleblu, chercheur au cercle de réflexion Foundation for Defense of Democracies qui milite pour une ligne dure contre l’Iran, Téhéran et ses alliés souffrent clairement des sanctions. Toutefois, d’autres experts estiment que Téhéran pourrait bientôt se décider à quitter, elle aussi, l’accord sur le nucléaire iranien afin de se concentrer sur la création de l’arme nucléaire. Une situation qui pourrait irriter Washington mais aussi tous ses alliés qui verraient cette décision d’un bien mauvais œil.

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