J’ai souvent dit que, par essence, le Droit est à la fois, l’ange et la bête. Et quand il est aux mains des hommes, constitués en législateur pour produire des lois, le Droit devient un simple instrument. Sans exagérer, je peux dire qu’à bien des égards, le pouvoir législatif se révèle beaucoup plus comme une arme, une arme extrêmement redoutable. MONTESQUIEU le disait bien, dans cette citation qui a fait le tour des réseaux sociaux depuis quelques temps : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice. ».

Pour utiliser au mieux cette arme, donc pour le meilleur, il faudrait absolument de l’intelligence, de la droiture d’esprit, de la conscience, du cœur et du discernement. Dans le cas contraire, certaines lois votées, avec hargne et malice, s’avèrent rapidement préjudiciables pour la paix sociale et la stabilité d’un pays. La menace, la terreur et l’usage immodéré, disproportionné de la force pour contenir un peuple et le dissuader d’avoir des réactions normales et légitimes ne peuvent ni générer, ni garantir la paix.

Le rôle primordial du pouvoir d’Etat est de garantir effectivement la jouissance et la protection des Droits de l’Homme qui sont des droits naturels. Un pseudo développement sans le respect des Droits de l’Homme n’est qu’une croissance économique très fluctuante. Ce soi-disant développement reste sans fondement, ni base réelle, parce qu’il fait abstraction de celui qui devrait être le véritable bénéficiaire du développement, acteur, sujet et non objet du développement : l’homme ou, si l’on préfère, la personne humaine. Actuellement, et plus qu’hier, on cultive à loisir, au Bénin, des ivraies de l’iniquité, de la pensée unique, de l’arbitraire, de la dictature, et l’on prétend appeler ensuite à la paix. Procéder ainsi, c’est instrumentaliser la paix, ce concept si précieux. Cela est simplement diabolique ! Le diable est le père du mensonge ; il est diviseur, séducteur, manipulateur, malfaiteur et accusateur. La paix n’advient pas avec des incantations, des discours ou même des suppliques. On ne saurait prétendre appeler à la paix, vouloir de la paix alors que l’on est soi-même générateur de tout le contraire par l’attitude que l’on adopte, le comportement que l’on a. On ne peut pousser tout un peuple jusqu’aux extrémités, dans ses derniers retranchements et lui demander de se contenir, de se résigner au nom de la paix.

Il est foncièrement malhonnête d’imposer le silence quasi-absolu à un peuple et de le contraindre à la paix quand on n’est pas, soi-même, protagoniste de la justice et de la paix. C’est encore une impiété que de demander de prier pour la paix au Bénin lorsqu’on ne prône pas l’équité et la justice, et qu’on préfère avoir une position floue en faisant la politique de l’autruche. Les compromissions de toutes sortes, qu’elles s’expliquent par l’ivresse du pouvoir, le règne de l’argent, l’illusion de la puissance ou le vertige de la peur, ne sont pas productrices de paix. Le règne de l’argent-roi, et de la terreur aussi, qui déstructure, en ce moment, la conscience de l’élite et inhibe les intelligences, mêmes les plus avisées, prétendant ainsi nous amener au progrès, rendrait capables ses acteurs et profiteurs de trouver des arguties pour justifier une gouvernance « dynastique et tyrannique ». Ce ne serait pas la première fois, dans notre histoire comme dans celle des autres, que des personnes se lèveraient pour essayer de défendre l’indéfendable, de justifier l’injustifiable. N’allons-nous pas, déjà, vers cette monstruosité sans nom ? Et, même, n’y sommes-nous pas déjà, à nos corps défendant ?

Ouziel SODJEDANDJI (Contribution)

Chroniqueur politique

6 Commentaires

  1. Il n’y plus cruelles bêtises humaines quant on respecte pas les lois de la république qui régissent la cité et quand un petit groupe de gâteux s’accaparent depuis 15 ans de la richesse du pays pour leur famille en affamant le peuple qu’il appelle maintenant à la rébellion en les envoyant à l’abattoir. Ça c’est fun crime contre humanité
    Qui dit mieux

  2. “Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice”
    Montesquieu donc… Quelqu’un y trouve à redire ?

    • Toutes mes félicitations à ce brillant journaliste!!!

      On doit adresser cette réflexion avec accusé de réception à DJOGBENOU, ZINZINDOHOUE , TALON etc….

      Et au _____ de Léandre HOUNGBEDJI qui parle de loi de la république.

      Encore une fois merci Mr Ouziel SODJEDANDJI, vous faites honneur à la cause de la démocratie au Bénin. Mais, malgré cette nuit qui tombe sur notre pays, le soleil réapparaîtra, car le potentiel intellectuel existe, et vous êtes un de ceux là.

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