Bénin : Poursuivi dans une affaire liée au centre Eya, l’ex-CA Akindès rejette les accusations

Samuel Akindès Adékambi, a comparu lundi 1er juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), poursuivi pour abus de fonction dans une affaire impliquant une somme de trois millions de francs CFA. Calme à la barre, le prévenu a maintenu sa version des faits et rejeté toute qualification pénale, selon le compte rendu de l’envoyé spécial de Libre Express.

Le dossier trouve son origine dans des démarches engagées il y a environ trois ans autour d’un projet de construction d’un terrain de football destiné aux jeunes du quartier d’Akogbato, dans le 12ème arrondissement. Samuel Akindès affirme avoir sollicité Lionel Talon, qu’il décrit comme un ami, pour obtenir le soutien du Centre Eya dans ce projet. Il dit s’être opposé à un premier plan d’architecture qui ne prévoyait qu’un centre culturel, avant d’obtenir l’intégration de l’infrastructure sportive dans une version révisée.

Sur la somme de 200 000 FCFA évoquée dans le dossier — destinée selon le plaignant à financer un cocktail pour les jeunes du quartier — le prévenu a catégoriquement nié l’avoir perçue. Concernant les trois millions de francs CFA, il a reconnu les avoir reçus tout en affirmant qu’ils n’avaient aucun lien avec le projet communautaire. Selon sa déposition, ces fonds auraient été sollicités lors d’un échange téléphonique privé avec Lionel Talon pour couvrir des frais de campagne électorale personnelle, les deux hommes s’étant accordés sur ce montant après que le prévenu avait initialement réclamé cinq millions.

La remise des fonds se serait effectuée par l’intermédiaire de l’assistante du plaignant, Yasmine Comlan, à l’issue d’une réunion de travail consacrée au projet d’Akogbato. C’est le 1er mai 2026, lors d’une marche de remerciement au président Patrice Talon, que Samuel Akindès affirme avoir reçu un appel l’invitant à se présenter devant la Brigade économique et financière (BEF), où il a été mis en cause.

Deux témoins absents, renvoi au 6 juillet 2026

L’audience du 1er juin faisait suite à une première comparution du 18 mai 2026 au cours de laquelle le prévenu avait déjà plaidé non coupable. Ce lundi, la Cour avait convoqué deux autres personnes citées dans le dossier — dont Yasmine Comlan, assistante de Lionel Talon — mais aucune des deux ne s’est présentée à l’audience. La Cour a néanmoins donné lecture au prévenu des déclarations de l’assistante recueillies lors de l’instruction devant la BEF.

En raison de l’absence des témoins et de la nécessité de les convoquer à nouveau, la CRIET a prononcé le renvoi de l’affaire au lundi 6 juillet 2026. La CRIET, juridiction spécialisée créée par la loi n°2018-13 du 02 juillet 2018, est compétente pour juger les infractions économiques et financières au Bénin, dont l’abus de fonction exercé par un agent public à des fins personnelles.

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