L’enlèvement de touristes français depuis le 1er mai 2019 dans le parc national de la Pendjari et libérés grâce à une intervention militaire de l’armée française dans la nuit du jeudi à ce vendredi 10 mai 2019 ramène le débat sur la sécurité de cet espace frontalier du Nord-Ouest du Bénin confiée à une Ong.

L’ancien député béninois Francis Loko est intervenu sur la question abordée entre autres, lors d’une émission sur la télévision Africa 24 cet après-midi. Le parlementaire n’est pas favorable à ce choix opéré par le président Patrice Talon. «C’est une erreur capitale du gouvernement … s’agissant de la sécurité de la zone» a-t-il affirmé.

 

Une prophétie ?

 

Rappelons que c’est en août 2017 que le gouvernement béninois, dans le cadre de ses réformes dans le domaine du tourisme, a confié la gestion du parc national de la Pendjari à l’ONG sud-africaine African Park Network (APN). Ceci a suscité une polémique autour de la sécurité de cet espace frontalier.

Le Capitaine Patrice Trékpo, Secrétaire général à l’époque du Syndicat national des eaux, forêts et chasse (Syna-Efc) avait dénoncé une mauvaise option par rapport à la sécurité, voyant à travers les clauses de l’accord de siège entre le Bénin et cette Ong, le retrait des agents eaux et forêts des parcs. Ils n’ont aucun droit de perquisition sur le siège de l’Ong, à l’en croire. Mais ses dénonciations lui ont fallu sa révocation en décembre 2017.

 

Faute de conscience totale

 

Le gouvernement béninois, à travers le ministère du cadre de vie et du développement durable a tout le temps défendu les mérites de cette Ong. «Elle a tout le dispositif et l’arsenal nécessaire pour permettre une bonne sécurisation des parcs ; elle gère aujourd’hui 11 parcs nationaux dans 7 différents pays ; etc.»

Pourtant, les contextes évoluent et ne sont pas les mêmes d’un pays à un autre. Même si, l’enlèvement de ces deux tourismes français n’est pas encore revendiqué par un groupe, le journaliste camerounais Alain Jules Menye invité sur la même émission, note que les Etats de la sous région n’ont pas pris la mesure du danger que représentent les groupes terroristes. «Il ne faut pas sous-estimer la difficulté de la tâche » dira Francis Loko.

A noter que le Burkina Faso a alerté les Etats voisins notamment le Togo et le Bénin sur la probable présence de djihadistes à leurs portes voire déjà sur leurs sols. La sécurité de cette zone ne doit pas être une affaire d’une Ong.

1 COMMENTAIRE

  1. Ce qui est sûr c’est qu’à défaut d’avoir prévu, il faut maintenant mettre en place un dispositif de surveillance et de sécurité renforcée sur la zone. Et ça, ce n’est effectivement pas du ressort d’une ONG.

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