PHOTO : RADIO-CANADA / (ROSATOM/TWITTER)

L’agence russe de l’énergie atomique, la ROSATOM, vient de lancer l’Akademik Lomonsov, une centrale nucléaire flottante. La centrale sera accostée dans la ville de Pevek en Sibérie orientale au niveau des mers arctiques. La centrale sera installée en août dans cette zone glaciale et sera un élément particulièrement important dans la route maritime arctique si chère à Moscou. L’Akademik Lomonsov est la preuve que Moscou nourrit de grandes appétences pour le Grand Nord glacial.

La Russie à l’assaut du Grand Nord

Cette centrale flottante fournira de l’électricité à la région de Chukotka où vivent environ 50 000 personnes. Elle servira aussi à l’exploitation minière dans cette région riche en pétrole et en gaz. La concrétisation de ce projet gigantesque par la Russie est la preuve de l’ambition russe de s’affirmer comme une superpuissance incontournable dans le Grand Nord et de pouvoir exploiter les immenses richesses dont regorge cette région éloignée du monde. C’est ce que la professeure adjointe au U.S. Naval War College Rebecca Pincus explique en ces termes : « La grande stratégie de la Russie pour le siècle à venir est centrée sur le développement des ressources de l’Arctique. […] Ce moteur économique fait partie intégrante de la relance de la place de la Russie dans le monde ».

Le programme américain plus « approfondi »

Les Américains possèdent de leur côté leur propre programme d’énergie nucléaire flottante et y travaillent depuis plusieurs années. Michael Golay, professeur de sciences nucléaires et son équipe du Massachusetts Institute of Technology ne sont guère impressionnés par le programme russe qu’ils trouvent peu approfondi et estime que le travail russe n’est pas susceptible de faire concurrence avec le sien plus novateur et approfondi. « D’après sa taille et ce que j’en sais… il utilise certaines des idées que les nôtres utilisent, mais pas de façon aussi approfondie », déclare-t-il.  

Les récriminations de Greenpeace   

L’impact écologique de ce programme est par ailleurs décrié par les organisations de protection de l’environnement. Greenpeace compare l’Akademik Lomonosov à un « Tchernobyl flottant » en référence à la catastrophe nucléaire de 1986 qui a rendu impropre à la vie cette ville d’Ukraine. L’expert en énergie nucléaire de Greenpeace tire sur la sonnette d’alarme particulièrement en ce qui concerne la zone visée par les russes pour installer la centrale, c’est-à-dire le Grand Nord glacier. « Il est beaucoup plus difficile de contrer une catastrophe là-bas que partout ailleurs dans le monde »,estime Jan Haverkamp. Il trouve incohérent de lancer de nouveaux programmes nucléaires alors que le monde se prépare à délaisser les énergies fossiles à hauteur de 2050.

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