Lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de Tesla, tenue le 6 novembre 2025, Elon Musk a affirmé que Neuralinkpourrait un jour capturer l’état mental d’un être humain et le transférer dans un robot humanoïde Optimus. Le PDG de Tesla et fondateur de Neuralink a estimé cette perspective commercialement viable dans un délai de vingt ans.
La déclaration fait suite à une question d’un actionnaire sur la capacité du robot Optimus à héberger une conscience humaine. Musk a répondu qu’un « instantané approximatif » du cerveau pourrait être capturé par l’implant Neuralink, puis instancié dans un corps robotique — une trajectoire qu’il a lui-même qualifiée de « transfert esprit-robot ». Ces propos prolongent des déclarations formulées dès mars 2024, lors de l’Abundance Summit organisé par Peter Diamandis, où Musk avait évoqué la possibilité de « sauvegarder son état cérébral sur un disque dur » pour le restaurer ultérieurement dans un corps biologique ou mécanique.
Une technologie encore limitée aux applications médicales
L’état actuel de Neuralink est très éloigné de ces projections. Lors de la présentation publique de l’entreprise en juin 2025, Musk a rappelé que le dispositif N1 vise avant tout à augmenter la bande passante entre le cerveau humain et les machines. À cette date, sept patients étaient implantés dans le cadre d’essais cliniques autorisés par la FDA américaine, leur permettant de contrôler un ordinateur ou un téléphone par la pensée. L’entreprise a obtenu des autorisations d’essais supplémentaires au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis, et prévoyait d’implanter entre vingt et trente patients supplémentaires d’ici fin 2025.
Les neuroscientifiques tempèrent les ambitions
La communauté scientifique accueille ces perspectives avec scepticisme. Le neuroscientifique Miguel Nicolelis a qualifié la promesse du transfert mental de « mauvaise science-fiction » dans un entretien accordé après l’assemblée Tesla. La philosophe Susan Schneider, spécialiste des questions de conscience artificielle, soulève une objection fondamentale : une copie numérique d’un cerveau, même comportementalement identique à l’original, constituerait une entité nouvelle — et non la continuation du même individu. Sur le plan technique, les chercheurs identifient plusieurs obstacles non résolus, notamment la conception de capteurs biocompatibles capables de couvrir des millions de neurones simultanément et le traitement en temps réel des volumes de données correspondants.
Neuralink doit encore finaliser la conception de son implant avant de pouvoir lancer un essai pivot impliquant entre vingt et quarante patients — étape préalable obligatoire à toute demande d’autorisation de commercialisation auprès de la FDA, selon le MIT Technology Review.



