Les pays africains qui confient l’organisation de leurs élections à une Commission électorale nationale indépendante (Ceni) peuvent utiliser des smartphones afin d’avoir des résultats plus crédibles et transparentes à l’issue des élections. C’est l’opinion du professeur Christian Bouquet publiée par Jeune Afrique. Selon lui, avec un smartphone, chaque citoyen peut faire office de commission.

A l’ère où les Smartphones se répandent de plus en plus en Afrique, l’existence des Commissions électorales nationales indépendantes (Ceni) dans les pays africains n’est plus une obligation pour garantir la crédibilité des résultats, d’après le professeur Christian Bouquet de l’Université Nordeaux-Montaigne et chercheur au Lam (Les Afriques dans le monde). Selon une opinion de ce professeur publiée par Jeune Afrique, les Smartphones peuvent très bien être utilisés pour garantir la crédibilité des résultats tant recherchée par les partis politique et qui a conduit à la création des Ceni dont les résultats sont toujours remis en cause par tel ou tel parti. « Autant dire que le concept de Commission électorale nationale « indépendante » (Ceni, selon le vocable le plus répandu sur le continent) est une utopie dès lors que règne cette suspicion généralisée et qu’il n’existe personne, pas même dans la société civile, qui puisse être qualifié d’impartial. Par conséquent, les débats autour de la composition et du fonctionnement des Ceni seront éternels et ne seront jamais tranchés de manière satisfaisante pour tous les partis. Même un tirage au sort des commissaires serait contesté. Mais pourquoi donc exiger une telle procédure, de surcroît souvent déclinée en commissions électorales locales (démultipliant ainsi les mécontentements), alors que les technologies nouvelles peuvent constituer un solide rempart contre la fraude ?», s’interroge Christian Bouquet.

Selon lui, les formations politiques en font même déjà usage chacun à son niveau.  « D’ailleurs, les formations politiques le savent bien puisqu’elles disposent toutes, quelques heures après la clôture des scrutins, des vrais chiffres, issus de tous les bureaux de vote et transmis via des Smartphones par leurs représentants, dûment accrédités, qui ont enregistré les comptages et photographié les procès-verbaux.», renchérit-il.

Un citoyen peut être une commission à lui tout seul

A en croire les explications de Christian Bouquet, un citoyen équipé simplement d’un Smartphone peut très bien aider à juger de la crédibilité des résultats d’une élection. «Chaque électeur peut donc être une commission électorale à lui tout seul. Il lui suffit d’être présent dans son bureau de vote toute la journée s’il le souhaite, mais surtout au moment du comptage des bulletins, puis de photographier les résultats et le procès-verbal, lequel aura mentionné les éventuels incidents. Il attendra ensuite que les résultats officiels soient publiés pour chaque bureau et, si c’est conforme à ce qu’il avait enregistré, tout sera clair pour ce qui le concerne. Si, au contraire, les chiffres sont différents, il sera fondé (au même titre que les autres électeurs engagés dans un processus similaire dans les autres bureaux) à le faire savoir, aussi bien aux autorités de tutelle qu’aux observateurs internationaux.», explique-t-il. « Naturellement, s’il n’y a qu’un pourcentage infime d’« erreurs » et que celles-ci ne sont pas de nature à inverser le résultat, le verdict des urnes pourra être confirmé. En revanche, si le pourcentage relevé est important, le terme de « fraudes massives », si souvent convoqué sur le continent au lendemain de scrutins, pourra être retenu, et chacun – électeur, pouvoir en place et communauté internationale – sera autorisé à en tirer les conséquences.», poursuit-il se demandant pourquoi, au lieu d’utiliser cette méthode, certains politiciens se disputent encore à propos des commissions alors qu’une grande frange de la population maîtrise cette technique de communication. A en croire Christian Bouquet, en faisant usage de cet atout qu’offrent les Smartphones, les Etats africains pourront confier l’organisation de leurs élections au ministère de l’intérieur comme cela se fait dans un Etat de droit.

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