Espionnage : un chinois accusé à tort par un agent du FBI

Dans un procès en cours aux Etats-Unis, un agent du FBI a reconnu avoir faussement accusé un professeur de l’Etat du Tennessee d’origine chinoise d’être un espion chinois. L’agent fédéral a indiqué l’avoir accusé en utilisant des informations sans fondement pour le faire inscrire sur la liste fédérale d’interdiction de vol et l’espionnant lui et son fils pendant deux ans, a rapporté le quotidien régional Knoxville News Sentinel.

Le journal a déclaré que l’agent du FBI Kujtim Sadiku a admis la semaine dernière avoir faussement accusé le professeur Anming Hu d’être un espion. Sadiku a également avoué avoir utilisé les fausses informations pour faire pression sur Hu pour qu’il devienne un espion pour les États-Unis, a rapporté le quotidien. Aucune preuve n’a jamais été découverte qui suggère que Hu, un expert en technologie de soudage de renommée internationale, soit un espion.

Publicité

 « Mon travail est de trouver des espions »

Au cours du contre-interrogatoire, l’avocat de la défense Phil Lomonaco a dit à Sadiku : « Vous vouliez trouver un espion chinois à Knoxville », prenant note des tactiques qu’il a utilisées pour obtenir un acte d’accusation de fraude contre Hu. « Mon travail est de trouver des espions, oui », a répondu l’agent du FBI. Au cours du procès, Sadiku a admis ne pas connaître la dernière fois que Hu s’était rendu en Chine.

Egalement au cours du procès, l’agent du FBI n’a pas pu se rappeler de qui l’avait informé que Hu pourrait être un espion. En 2018, le ministère de la Justice avait lancé une « Initiative chinoise » qui a demandé aux agents fédéraux de débusquer les espions « économiques » chinois aux États-UnisHu est le premier professeur à subir son procès. Sadiku affirme que son enquête n’a rien à voir avec l’initiative. Il a affirmé que son enquête avait commencé par une recherche « open source » d’informations sur Hu, qui s’est avérée être une recherche Google sur le professeur.

Hu serait un militaire chinois

Sadiku a admis avoir dit aux responsables de l’université de Hu, que le professeur était un militaire chinois, bien qu’il n’ait aucune preuve pour étayer cette affirmation. Par ailleurs, il n’a jamais suivi les responsables pour clarifier que ses déclarations étaient fausses, a noté le journal. Le procès est toujours en cours et le juge du district oriental du Tennessee, Thomas Varlan, pourrait décider cette semaine que les procureurs n’ont pas suffisamment de preuves pour poursuivre les accusations d’espionnage contre Hu.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *