L’innovation militaire chinoise connaît une poussée sans précédent, avec une attention croissante portée aux armes et systèmes d’intelligence artificielle (IA) destinés à redéfinir les champs de bataille modernes. Sous la houlette du Parti communiste, Pékin dirige un effort ambitieux pour renforcer les capacités de guerre de l’Armée populaire de libération (APL), plaçant l’IA au cœur de ses développements. Dans les coulisses des écrits militaires de l’APL, on découvre des travaux sur des systèmes d’intelligence artificielle de type ChatGPT.
Ces systèmes, capables d’imiter des réponses humaines, sont perçus comme un atout pour l’APL dans ses efforts pour intégrer l’IA dans les opérations de combat. Selon un groupe de réflexion de l’US Air Force, la Chine ambitionne de se hisser en tête du peloton mondial en matière d’intégration de l’IA dans ses forces armées. L’Institut chinois d’études aérospatiales de l’armée de l’air a identifié sept domaines clés dans lesquels l’APL se consacre à la conception de systèmes d’armes IA. Parmi eux, la liaison homme-machine, la prise de décision rapide, la guerre des réseaux, la guerre cognitive, la logistique en temps de guerre, les opérations spatiales et l’entraînement militaire se distinguent. Ces domaines représentent des piliers stratégiques sur lesquels la Chine entend bâtir sa suprématie militaire.
Cependant, l’IA ne se cantonne pas seulement aux champs de bataille traditionnels. Les États-Unis ressentent un malaise grandissant face aux développements de chatbots et autres technologies similaires en Chine. Cette inquiétude a conduit l’administration Biden à restreindre les exportations de puces informatiques avancées vers la Chine, craignant qu’elles ne contribuent à l’essor d’armes alimentées par l’IA. Parmi les multiples applications de l’IA dans le domaine militaire, la relation homme-machine émerge comme un atout stratégique pour l’APL.
Les programmes de type ChatGPT sont en passe d’être intégrés à des systèmes de combat sans pilote, qui peuvent collecter et évaluer rapidement des informations pour planifier des attaques. De même, la prise de décision bénéficie d’une attention particulière, visant à accélérer et autonomiser les stratégies d’attaque et de planification. Parallèlement, la Chine investit dans des systèmes de commandement et de contrôle basés sur l’IA, avec des tests de drones en essaim menés en collaboration avec le Pentagone.
L’IA trouve également sa place dans le domaine de la cyberguerre, où la Chine explore la création de codes malveillants et d’attaques offensives. Ces avancées soulignent la volonté de la Chine d’étendre son influence au-delà des champs de bataille physiques. La guerre cognitive devient un théâtre d’opérations majeur. Grâce à l’IA générative, des tactiques de désinformation avancées peuvent semer la confusion dans l’esprit du public. L’utilisation d’IA pour imiter des hauts responsables gouvernementaux ou créer des contenus trompeurs vise à influencer les populations ennemies en faveur des objectifs de l’APL.
Au-delà des avancées technologiques, l’APL a une faiblesse historique dans son manque d’expérience en matière de guerre à en croire le rapport. Toutefois, avec l’IA à la barre, la Chine se positionne pour remodeler radicalement la manière dont elle mène ses opérations militaires. Les travaux actuels s’inscrivent dans une vision plus large visant à renforcer l’image de la Chine en tant que puissance militaire mondiale.
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