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Bénin: Noël Chadaré se dit déçu par l’intégration des 3000 AME sur les 30.000

Les aspirants au métier de l’enseignement seront reversés par petit groupe à partir de 2024. C’est ce qui ressort du budget de l’Etat exercice 2024 voté dernièrement au parlement. Si pour les soutiens de Patrice Talon, cette mesure est une avancée majeure, pour les députés de l’opposition et une importante frange de la population ainsi que les concernés, ce n’est pas suffisant. Et ce sera aussi l’avis des responsables syndicaux du Bénin.

Le reversement progressif d’aspirants au métier de l’enseignement décidé par le gouvernement de la rupture est une déception pour certains acteurs du monde scolaire. L’option d’une intégration de 3000 sur les 30 mille par an s’insère dans la stratégie globale du Gouvernement qui vise, dans un premier temps, à augmenter substantiellement le revenu des fonctionnaires et, dans un second temps, à opérer un retour progressif du ratio masse salariale sur recettes à la norme communautaire dès l’année 2025. C’est l’explication apportée par le gouvernement lors du vote du budget de l’Etat pour le compte de 2024.

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Cette approche nécessitera la maîtrise de la progression des dépenses de personnel à travers ses déterminants En effet, les AME ont le statut de prestataire de l’État. Leur rémunération est ainsi comptabilisée dans les « acquisitions de services » et non dans les « dépenses de personnel ». Une fois intégrés, le revenu des AME constituera des dépenses de personnel et intégrera la masse salariale. En outre, le reversement progressif constitue une démarche prudentielle pour éviter le départ massif ou intégral de la promotion du personnel (ex-AME) à la retraite dans la même période, avec toutes les conséquences sur la politique d’emploi et le service public.

Cette mesure ne satisfait pourtant pas le secrétaire général de la COSI Noël Chadaré. Pour lui « c’est un pas timide, très timide même ». Si ça se passe comme cela selon Noël Chadaré qui intervenait sur Capp Fm, des Ame risquent de faire 10 ans dans leurs conditions actuelles avant de se voir reversés. « C’est un calcul d’épicier et cela ne peut pas produire de résultat dans le secteur éducatif » déclare le secrétaire général confédéral. 1500 enseignants pour le primaire répartis dans les 77 communes du Bénin et le même nombre pour toutes les disciplines enseignées au secondaire sur toute l’étendue du territoire national est très insignifiant selon Noël Chadaré.

Il faut rappeler que le reversement des Ame avait été obtenu par les syndicats au cours d’une séance de négociation. Mais sa mise en application fait couler beaucoup d’encre et de salive. La question a fait récemment l’objet d’une question orale posée par le député Fagnon au gouvernement qui avait répondu en ces termes « le Gouvernement reste très préoccupé par la situation des aspirants au métier d’enseignant (AME). C’est ainsi, qu’après quelques années d’expérimentation, il a été décidé de leur intégration progressive, suivant les conditions d’éligibilité, dans la fonction publique. Cette décision devrait conduire, à terme, à une intégration de la totalité des AME recrutés dans la catégorie des Agents contractuels de l’État ». C’est entre autres, à de cette même question des Ame, que l’opposition avait voté contre le budget de l’Etat exercice 2024.

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