Le pied de nez de Poutine aux occidentaux

Alors que la guerre en Ukraine continue de faire rage, les deux camps concernés tentent de trouver des solutions pour financer leur effort. Ce week-end, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a effectué une rapide tournée dans les pays baltes, pour convaincre ces derniers (et l’UE, par la même occasion) de les aider. Si aucun chiffre n’est ressorti des discussions engagées, Bruxelles se serait toutefois engagé à assister Kiev de plusieurs milliards de dollars.

Dans le même temps, du côté russe, Moscou a confirmé l’acquisition de matériel de guerre, pour une somme avoisinant les 61 millions de dollars. Un rapport signé conjointement par la Kyiv School of Economics (KSE) et le Yermak-McFaul Group, cabinet dirigé par Andrii Yermak (chef du cabinet Zelensky) et Michael McFaul (ancien ambassadeur américain à Kiev), affirme d’ailleurs que Moscou a été en mesure de rétablir ses importations de matériel de guerre au même niveau qu’avant-guerre, soit au même niveau qu’avant les sanctions internationales annoncées à l’encontre de Moscou, du président Poutine et des oligarques russes.

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Les dépenses russes pour financer la guerre, augmentent

Selon les chiffres publiés dans ce rapport, le gouvernement russe aurait ainsi dépensé 932 millions de dollars, par mois (en moyenne) pour importer du matériel de guerre sur la période janvier – octobre 2023. Un montant important, de 10% inférieur à ce que Moscou réussissait à importer sur son territoire, avant le début de la guerre en Ukraine. Et ce qui peut surprendre dans ce rapport, c’est que 48.5% des importations (soit près de la moitié du matériel de guerre utilisé par la Russie en Ukraine) proviennent de pays ayant décidé de sanctions à l’encontre de Moscou.

Attention. Cela ne veut pas dire que les USA, le Canada, le Japon ou même l’Australie vendent du matériel de guerre à la Russie… Du moins de manière directe. En effet, Moscou ne traite qu’avec des partenaires proches, notamment la Chine, la Turquie ou même les Émirats, qui eux-mêmes peuvent être amenés à se fournir auprès de pays tiers. Pour autant, est-ce que cela est suffisant ? Ce même rapport sème légèrement le trouble, en expliquant que si Moscou dépensait autant, c’était aussi par obligation.

Un montant à nuancer

En effet, les routes sont bloquées. Résultat, la Russie doit trouver de nouveaux chemins commerciaux pour parvenir à financer son effort de guerre. D’ailleurs, les dépenses dites “fondamentales” pour financer l’effort de guerre ont diminué de 28%. Sur les 932 millions dépensés par mois par Moscou, une grosse partie est donc liée à la logistique, pour acheminer le plus rapidement, en contournant les sanctions, le matériel militaire, sur le champ de bataille.

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Et l’Occident ne relâche pas la pression. En effet, récemment, 42 entreprises en lien avec la Russie ou même l’Iran ont été ajoutées à la liste noire américaine. Sur ces 42 sociétés, quatre se trouvent du côté de Chypre, trois sont en Belgique, tandis qu’une se trouve aux Pays-Bas et une autre en Allemagne. Plusieurs arrestations ont d’ailleurs eu lieu dans le cadre d’enquêtes menées par les services américains et européens.

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