Les positions au sein de la majorité présidentielle de Patrice Talon sont clairement affichées et montrent nettement deux camps diamétralement opposés. Pendant que certains optent pour une révision à tout prix, d’autres dont d’ailleurs le chef de l’Etat, se disent contre tout projet de révision ou demandent simplement l’abandon de la procédure actuellement en cours à l’assemblée nationale. Ce sujet comme on peut le voir risque de sonner le glas de la majorité présidentielle.
« Le temps passe. Je ne sais pas si je deviens plus sage en me posant les mêmes questions. Mais une chose est certaine : l’atmosphère est suffisamment polluée et le vrai pays se préoccupe en ce moment d’autres problèmes que de révision de la constitution. Il me paraît plus sage d’en tenir compte ». ainsi pense Lazare Sèhouéto, ancien ministre de Patrice Talon et actuellement député de l’Union progressiste le Renouveau à l’Assemblée nationale.
Au cœur des débats passionnés suscités par la révision constitutionnelle au Bénin, Lazare Sèhouéto, invite la classe politique à la sagesse. Selon lui, la révision de la constitution n’est pas la priorité de l’heure. « Le temps passe, mais les hommes se ressemblent. Ils ne gagnent pas toujours en sagesse, hélas ! Comme en 2004, J’étais au gouvernement. À l’une de nos grandes réunions au Palais des Sports à Kouhounou, les camarades m’avaient interpellé sur le projet de révision de la Constitution. J’avais répondu à peu près ceci : C’est pour résoudre quels problèmes ? Quelle est la pertinence du ou des problèmes ? En quoi la non résolution desdits problèmes compromet le bon fonctionnement du système politique ou le développement du pays ? «, a confié le député Sèhouéto.
A contrario, Orden Alladatin du même parti politique et Assan Séibou de l’autre parti soutenant l’action de Patrice Talon et représenté au Parlement, pensent pour leur part, qu’il faut à tout prix faire aboutir le projet de révision de la constitution pour le bonheur du peuple béninois. Orden Alladatin a même critiqué la position de son ainé Lazare Sèhouéto. S’érigeant certainement en donneur de leçons et détenteur de monopole de la vérité au sein de ce parti, le président de la commission des lois au Parlement, invité sur l’émission Zone Franche de Canal3, a fustigé les déclarations de son collègue Sèhouéto, en les jugeant de «malséantes»’. Cette position laisse croire que les seuls membres de ce parti ayant grâce à ses yeux sont ceux qui obéissent à sa logique. Il ne se rend pas compte qu’ils sont nombreux à ne pas comprendre pourquoi l’UP-R défend becs et ongles, une proposition de loi dont il n’est ni l’initiateur ni le porteur. Ils sont nombreux, qui ne comprennent pas l’intérêt de l’UP-R à défendre une proposition que très peu de membres du Bloc Républicain, parti dont le président du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale a déposé la loi, montent au créneau pour défendre cette proposition.
Dans ces conditions, les anciens partis politiques qui se sont fondus depuis 2018 au profit de l’UP-R, commencent à battre le rappel de leurs anciennes troupes. Celles de l’ex-Prd se sont déjà signalées et cela ne surprend personne. D’autres suivront certainement, sonnant ainsi la division au sein de la troupe à Patrice Talon. La sagesse aurait tout de même voulu que l’on prenne en compte ces propos de l’ex ministre de Mathieu Kérékou et ancien président du parti Force Clé, « le véritable intérêt du pays réside actuellement dans d’autres problématiques bien plus pressantes que la révision de la Constitution. Il semble plus judicieux de prendre cela en considération ». En tout cas si Patrice Talon ne se ravise pour discipliner sa troupe, le virus de fin de mandat qui s’empare peu à peu des acteurs de la majorité présidentielle risque de semer du désordre dans la maison Rupture.
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