L’Union européenne entretient depuis longtemps des relations commerciales privilégiées avec les pays du Maghreb. L’accord de libre-échange complet et approfondi signé avec la Tunisie en 2015 et l’accord d’association avec le Maroc établi en 2000 témoignent de cette dynamique régionale. Ces partenariats, centrés sur l’intégration économique progressive et le développement du commerce bilatéral, ont connu des fortunes diverses au fil des années.
Une volonté de rééquilibrage économique
La récente rencontre entre le Premier ministre algérien Nadir Larbaoui et l’ambassadeur européen Diego Mellado Pascua marque une étape cruciale dans la révision de l’accord d’association Algérie-UE de 2005. Les discussions ont révélé une détermination mutuelle à forger un partenariat diversifié, notamment à travers la prochaine réunion du comité technique bilatéral sur les relations commerciales. Cette démarche répond aux préoccupations exprimées par le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, qui n’avait pas hésité à qualifier l’accord actuel de « boulet pour l’économie nationale » lors d’une conférence de presse fin décembre.
Des obstacles persistants à surmonter
Les entreprises algériennes et européennes se heurtent quotidiennement à des procédures administratives complexes qui freinent leurs échanges. Le déficit commercial pèse particulièrement sur l’économie algérienne, conduisant au report des discussions techniques initialement prévues en novembre. Abdelouahed Kerrar, vice-président du Conseil du renouveau économique algérien, souligne l’échec de la « prospérité partagée » promise par l’accord initial. L’Algérie, cantonnée au rôle de fournisseur énergétique, aspire désormais à diversifier ses échanges avec l’Union européenne.
Vers une transformation des relations euro-algériennes
La révision de l’accord représente pour l’Algérie une opportunité de redéfinir sa position économique face à l’UE. Au-delà des ajustements techniques, cette initiative reflète l’ambition algérienne de moderniser son économie. Le prochain Conseil d’association Algérie-UE devra ainsi concilier les intérêts divergents des deux parties, tout en tenant compte des mutations économiques que connaît l’Algérie. Cette démarche pourrait servir de modèle pour l’actualisation d’autres accords commerciaux entre l’UE et les pays du Maghreb, illustrant l’évolution des relations économiques euro-méditerranéennes.
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