Afrique : en 2025, la Chine bat des records avec sa route de la soie

Depuis plus d’une décennie, la Chine s’est imposée comme un acteur financier important en Afrique. Des infrastructures routières aux installations énergétiques, en passant par les zones industrielles, les financements chinois ont accompagné de nombreux projets structurants sur le continent. Après une phase d’expansion rapide au milieu des années 2010, ces engagements avaient marqué un ralentissement, notamment sous l’effet des préoccupations liées à l’endettement de certains États africains et à une révision des priorités à Pékin. Loin de traduire un désengagement, cette période a ouvert la voie à une approche plus sélective et plus orientée vers les secteurs jugés stratégiques. C’est dans cette continuité que s’inscrit l’année 2025, marquée par une accélération spectaculaire des activités chinoises liées aux Nouvelles routes de la soie rapporte Green Finance & Development Center.

Les chiffres publiés récemment font état d’un niveau d’engagement inédit, tant par le nombre d’accords signés que par les montants mobilisés. L’Afrique apparaît désormais comme l’un des principaux pôles de cette nouvelle dynamique, portée par des choix économiques assumés et par un environnement international en pleine recomposition.

Investissements chinois en Afrique un record porté par l’énergie et les mines

En 2025, la Chine a conclu environ 350 accords dans le cadre de son programme des Nouvelles routes de la soie, pour un montant total dépassant les 210 milliards de dollars. Ce volume constitue un record annuel depuis le lancement de l’initiative. Cette progression s’accompagne d’une transformation notable de la nature des projets soutenus, avec une priorité accordée aux secteurs productifs.

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Le domaine de l’énergie occupe une place centrale dans cette nouvelle phase. Les financements ont soutenu des projets solaires, éoliens et hydroélectriques, mais aussi des infrastructures gazières et pétrolières. Ces investissements répondent à la croissance des besoins énergétiques dans plusieurs pays africains, tout en renforçant la présence des entreprises chinoises dans des marchés jugés essentiels.

Le secteur minier figure également parmi les principaux bénéficiaires. Les engagements ont atteint un niveau sans précédent dans l’exploitation et la transformation de minerais stratégiques, indispensables aux industries technologiques et aux réseaux électriques. L’Afrique, riche en ressources naturelles, concentre une part significative de ces projets, avec plusieurs pays en tête des contrats de construction et d’investissement liés aux routes de la soie.

Dans l’ensemble, les financements chinois à destination de l’Afrique ont connu une hausse marquée en 2025, bien supérieure à celle observée les années précédentes. Cette évolution confirme un recentrage clair vers le continent, désormais considéré comme un espace prioritaire pour les projets énergétiques, miniers et industriels.

La stratégie chinoise face aux États-Unis

Cette intensification des investissements intervient dans un climat de rivalités économiques accrues, notamment entre la Chine et les États-Unis. Les orientations commerciales de l’administration américaine, caractérisées par des mesures protectionnistes et une pression renforcée sur les échanges internationaux, ont contribué à modifier les équilibres mondiaux.

Face à cette situation, la Chine mise sur des partenariats économiques concrets, fondés sur des accords d’infrastructures et de production. Les Nouvelles routes de la soie apparaissent ainsi comme un instrument central pour consolider des relations économiques durables, en particulier avec des pays africains en quête de financements pour soutenir leur développement industriel et énergétique.

L’année 2025 se distingue autant par l’ampleur des montants engagés que par la cohérence des choix sectoriels opérés. Les accords conclus traduisent une volonté de privilégier des projets directement liés à la production, aux ressources et aux chaînes de valeur, plutôt qu’à des financements généralistes.

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