Les récentes sorties de Donald Trump à l’encontre de la Somalie ont ravivé des tensions déjà perceptibles autour de ce pays de la Corne de l’Afrique. En l’espace de quelques jours, le président américain a multiplié les propos sévères, associant la Somalie à l’instabilité et à des difficultés institutionnelles qu’il juge préoccupantes pour les États-Unis. Ces déclarations, largement relayées par les médias internationaux, ont provoqué des réactions à Mogadiscio et au sein de la diaspora somalienne. Alors que ce discours politique occupait le devant de la scène, une autre dynamique, plus discrète, prenait forme autour du Somaliland, territoire qui s’est proclamé indépendant en 1991 et qui cherche à renforcer ses relations économiques avec des partenaires étrangers.
Cette évolution ne provient pas directement des autorités américaines, mais de l’entourage du président. Eric Trump, cadre dirigeant de la Trump Organization, a récemment engagé des échanges avec les responsables du Somaliland sur des perspectives économiques. Cette initiative intervient alors que les critiques visant la Somalie sont encore fraîches dans l’actualité, donnant l’image de deux approches distinctes à l’égard d’un même espace géographique, portées par des acteurs issus d’un même cercle familial.
Investissements portuaires et ressources stratégiques
Les discussions évoquées par les autorités du Somaliland portent principalement sur des secteurs identifiés comme prioritaires pour le développement du territoire. Le port en eau profonde de Berbera figure au premier plan. Située sur le golfe d’Aden, cette infrastructure constitue un point d’accès maritime stratégique pour le commerce régional et international. Les responsables locaux mettent en avant sa capacité d’accueil, son potentiel d’extension et son rôle dans la circulation des marchandises vers l’intérieur du continent.
Au-delà des infrastructures portuaires, d’autres domaines ont été présentés comme porteurs, notamment l’énergie, les télécommunications et certaines solutions technologiques destinées à moderniser l’économie locale. Les échanges avec Eric Trump ont pris la forme de présentations de projets et de discussions exploratoires. Aucune annonce officielle ne fait état, à ce stade, de la conclusion d’accords ou d’engagements financiers précis. Les informations disponibles indiquent plutôt une volonté du Somaliland de se positionner comme un interlocuteur économique crédible auprès d’investisseurs américains.
Les autorités du territoire ont également insisté sur la stabilité administrative et sécuritaire qu’elles revendiquent, un argument régulièrement mis en avant pour attirer des partenaires étrangers. Il reste toutefois à déterminer si ces contacts déboucheront sur des initiatives concrètes ou s’ils se limiteront à des échanges préliminaires.
Critiques politiques et recomposition des rapports régionaux
Les déclarations de Donald Trump à l’encontre de la Somalie ont remis en lumière une vision particulièrement dure de l’État somalien. En qualifiant le pays d’exemple d’échec institutionnel, le président américain a ravivé des tensions diplomatiques à un moment où Mogadiscio cherche à consolider ses relations avec ses partenaires internationaux. Ces propos ont été perçus comme une remise en cause des efforts engagés pour renforcer la stabilité et la coopération sécuritaire dans la région.
Le contraste est d’autant plus notable que, parallèlement, le Somaliland est approché sur le terrain économique. Cette différence de traitement ne constitue pas une reconnaissance officielle, mais elle offre au Somaliland une visibilité supplémentaire et alimente son discours visant à se distinguer de la Somalie. Pour les autorités locales, ces échanges renforcent l’idée que leur territoire peut attirer l’attention d’acteurs économiques internationaux indépendamment du statut politique non reconnu.
Sur le plan régional, cette situation est observée avec prudence. Plusieurs États et organisations africaines demeurent attachés au principe de l’intégrité territoriale de la Somalie. Les initiatives économiques impliquant des acteurs étrangers sont donc suivies de près, afin d’en évaluer les implications immédiates sur les équilibres diplomatiques existants.



