La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a prononcé la relaxe de Déborah Gnagne, directrice générale du cabinet de courtage Dayo Group, au terme de plusieurs audiences liées à un différend avec son ancien employeur, ASK Gras Savoye.
L’affaire remonte à octobre 2024. Déborah Gnagne avait été interpellée dans la nuit du 14 octobre à l’aéroport international de Cotonou, à son retour d’une mission à Abidjan. Cette arrestation faisait suite à une plainte déposée par ASK Gras Savoye, aujourd’hui concurrent direct de Dayo Group sur le marché du courtage en assurance.
La société plaignante reprochait notamment à son ex-collaboratrice d’avoir favorisé le départ de certains employés vers Dayo Group et d’utiliser du matériel appartenant à son ancienne structure. Le contentieux, d’abord porté devant le tribunal de commerce de Cotonou, a ensuite pris une tournure pénale.
Dans un précédent article, le média spécialisé Financial Afrik rapportait que plusieurs membres du personnel de Dayo Group contestaient ces accusations. Selon ces sources, la majorité des agents concernés étaient liés à ASK Gras Savoye par des contrats à durée déterminée arrivés à terme, tandis que les salariés en contrat à durée indéterminée auraient quitté l’entreprise à la suite de démissions régulières.
Ces éléments ont nourri le débat autour de la qualification pénale du dossier, certains observateurs estimant que le différend relevait davantage du contentieux commercial que du champ répressif.
Après examen du dossier, la Criet a finalement estimé que les charges ne permettaient pas d’établir la culpabilité de Déborah Gnagne. La dirigeante de Dayo Group ressort donc libre de toute condamnation à ce stade de la procédure, ce qui constitue un tournant majeur dans ce bras de fer judiciaire.
D’après des sources concordantes, ASK Gras Savoye n’entend toutefois pas en rester là et aurait décidé de faire appel de la décision. En attendant l’éventuel réexamen du dossier par une juridiction supérieure, Déborah Gnagne et son entreprise enregistrent une première victoire judiciaire dans ce litige à forts enjeux économiques.



