Le gouvernement a réagi à l’alerte lancée par un citoyen qui affirme avoir perdu son épouse dans des circonstances qu’il juge troubles au Centre hospitalier universitaire départemental (CHUD) de l’Ouémé. L’homme met directement en cause la prise en charge médicale.
Selon le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, le dossier est remonté sans délai au plus haut niveau de l’État. « L’alerte est parvenue en haut », a-t-il déclaré, précisant que la situation a retenu l’attention de l’exécutif et fait l’objet d’échanges en Conseil des ministres.
Face à la sensibilité du dossier, les autorités ont engagé plusieurs démarches. Le ministre de la Santé s’est rendu dans l’établissement concerné afin de s’informer sur les faits et d’apprécier le contexte du décès. À la suite de cette visite, une enquête administrative vise à déterminer d’éventuelles responsabilités au sein de la structure sanitaire. En parallèle, le procureur de la République a ouvert une enquête judiciaire.
Wilfried Léandre Houngbédji a également indiqué que le président Patrice Talon a donné des instructions claires pour que toute la lumière soit faite. « Le chef de l’État a donné des instructions pour que les enquêtes administrative et judiciaire se fassent de façon très rigoureuse afin que les responsables soient situés », a-t-il précisé. À travers cette démarche, le gouvernement affirme sa volonté de rassurer l’opinion publique et de garantir la manifestation de la vérité, en particulier dans les affaires qui touchent au fonctionnement du système de santé.
De son côté, l’Ordre national des médecins du Bénin s’est exprimé après la diffusion, sur les réseaux sociaux, de témoignages relatifs au décès de la patiente. Dans un communiqué signé de son président, le Dr A. Adegbindin, l’institution évoque l’émotion suscitée par cette situation.
À l’origine de la polémique, un message publié en ligne par le conjoint de la défunte. Il décrit une dégradation rapide de l’état de santé de son épouse après une césarienne. Il parle d’une hémorragie en début de soirée et d’une prise en charge qu’il juge tardive. Il affirme aussi qu’une nouvelle intervention aurait eu lieu plusieurs heures plus tard, avec du sang et des produits fournis par la famille, avant un transfert en réanimation. Le veuf évoque en outre un déficit d’informations à l’endroit des proches et s’interroge sur l’heure du décès mentionnée sur les documents officiels.
L’Ordre des médecins indique avoir pris connaissance de ces éléments à travers les publications en ligne. Tout en exprimant sa compassion à la famille, l’institution rappelle que l’établissement des responsabilités médicales relève de procédures prévues par la loi. Elle souligne qu’aucun acteur ne peut se substituer aux juridictions compétentes pour établir les faits. Elle invite les personnes concernées à saisir les instances habilitées afin que l’examen du dossier se déroule dans un cadre légal.



