Boualem Sansal rejoint l'Académie française après une année mouvementée

Entré en littérature à la fin des années 90, Boualem Sansal s’est imposé comme l’une des voix les plus importantes de la littérature francophone. Encouragé par son ami Rachid Mimouni, cet ancien haut fonctionnaire algérien a commencé à écrire après une longue carrière de lecteur assidu. Son œuvre, marquée par une verve rabelaisienne et des critiques cinglantes, a notamment exploré la décennie noire algérienne avec des romans comme « Le Serment des barbares ». Athée revendiqué, adversaire acharné des jihadistes et critique féroce du pouvoir algérien, l’auteur s’est forgé une réputation d’écrivain engagé et libre.

D’après les informations diffusées par RFI, ce jeudi 29 janvier 2026, Boualem Sansal a été élu à l’Académie française au premier tour avec 25 voix pour et un bulletin blanc. Réunis à huis clos sous la coupole de leur illustre édifice parisien, les académiciens devaient choisir un successeur à l’historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021. Six candidats étaient en lice, mais l’écrivain franco-algérien, qui s’était déclaré à la dernière minute le 8 janvier dernier, était de loin le plus connu d’entre eux.

Une élection qui survient après une libération en Algérie

Cette élection intervient près de trois mois après la libération de prison de l’écrivain en Algérie. Le 16 novembre 2024, sa vie avait basculé lorsqu’il avait été arrêté à son arrivée à Alger en provenance de Paris, avant d’être emprisonné. Condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale » suite à des déclarations controversées en octobre 2024 au média français Frontières concernant l’Algérie et le Maroc, il a finalement bénéficié d’une grâce accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

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Son arrestation avait aussitôt ému en France, où une campagne s’était lancée en sa faveur. Cette épreuve semble avoir profondément marqué l’auteur, qui a déclaré récemment ne plus vouloir parler de l’Algérie dans ses romans. « Je ne vais plus parler de l’Algérie dans mes romans, c’est sûr. Dans beaucoup de mes romans, le sujet c’était l’Algérie et sa lutte pour la démocratie. Bon, maintenant, je n’en ai plus rien à dire », a-t-il confié, ajoutant que le gouvernement algérien ne voulait pas de lui et que ses livres n’entreraient plus en Algérie. « Je suis Français, je vis en France, je vais parler de la France », a-t-il affirmé.

Boualem Sansal devient immortel à 81 ans et rejoint les académiciens français

Désormais élu, Boualem Sansal rejoint à 81 ans les « immortels », le surnom donné aux académiciens, qui sont actuellement 35, cinq sièges étant vacants. Parmi eux figurent des personnalités telles qu’Amin Maalouf, Jean-Christophe Rufin, Sylviane Agacinski, Chantal Thomas ou Erik Orsenna. Cette reconnaissance par la prestigieuse institution constitue un honneur majeur pour un écrivain dont le parcours littéraire et personnel incarne la défense de la liberté d’expression et la résistance face aux autoritarismes. Son élection marque également un tournant dans sa carrière, puisqu’elle coïncide avec son annonce d’un changement radical de thématique littéraire, abandonnant l’Algérie pour se consacrer à la France, son pays d’adoption.

3 réflexions au sujet de “Boualem Sansal rejoint l'Académie française après une année mouvementée”

  1. L’admission à l’Académie française est ouverte à tous, sans condition de nationalité, de diplôme ou de sexe, à condition d’avoir moins de 75 ans au moment de la candidature.

    Il en a 81 mais peut-être qu’il es candidat depuis 20 ans 😎

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