Boycott du Mondial 2026 : « Le moment de discuter est venu » selon l'Allemagne

Depuis janvier 2025, Donald Trump occupe la présidence américaine et affiche une ligne politique radicale : retrait de l’Accord de Paris sur le climat, politiques migratoires drastiques, taxes douanières, menaces d’annexion du Groenland et du canal de Panama. C’est ainsi que la Coupe du monde 2026, prévue aux États-Unis, au Canada et au Mexique, devient un enjeu politique majeur. Les appels au boycott du tournoi se multiplient à travers le monde. En Allemagne, les sondages indiquent qu’une part considérable de la population y adhérerait en cas d’annexion du Groenland. Des figures du football africain questionnent également la légitimité de participer à un événement organisé par un pays dont la politique heurtent les valeurs fondamentales.

Face à ce climat, Oke Göttlich, vice-président de la Fédération allemande de football (DFB) et président du club de Hambourg Saint-Pauli, rompt le silence. Ce samedi dans les colonnes du Welt, il appelle les instances du football mondial à engager un débat sérieux et urgent sur la pertinence d’une participation à l’événement. Pour ce responsable, les hésitations et les précautions oratoires ne sont plus de mise.

La DFB allemande brandit l’arme du dialogue

Göttlich rejette catégoriquement l’argument selon lequel un boycott pénaliserait les joueurs sélectionnés pour le tournoi. Il estime que cette préoccupation trivialise des enjeux existentiels : les conditions de vie et de sécurité de populations menacées par les politiques du pays organisateur pèsent davantage que les intérêts sportifs individuels.

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Le vice-président allemand dénonce avec force une forme d’apolitisme qui s’est installée après la Coupe du monde au Qatar. Selon lui, cette prudence traduit un renoncement à défendre les principes fondamentaux. Pour Göttlich, établir des interdits et des limites constitue une nécessité morale, non une option. Il interroge ouvertement le seuil à partir duquel un boycott devient justifié : menaces de guerre ? Agressions ? Pertes humaines ? Ces questions demeurent sans réponse claire de la part des dirigeants du football mondial.

Les précédents olympiques pour éclairer le débat

Pour soutenir son appel, le responsable de Saint-Pauli convoque l’histoire des boycotts olympiques des années 1980. Lors de ces crises géopolitiques majeures, les États-Unis et l’Union soviétique avaient choisi de refuser leur participation aux Jeux. Göttlich soutient que la menace actuelle dépasse en amplitude ce que le monde sportif a affronté à cette époque, justifiant ainsi l’urgence d’une réflexion sans détour sur la question.

Ce plaidoyer pour une discussion franche survient alors que le football international traverse une période d’interrogations sur son rôle et ses responsabilités face aux crises géopolitiques. Tandis que certains dirigeants sportifs maintiennent une certaine distance avec ces enjeux, la voix allemande insiste : le moment de choisir entre neutralité de façade et engagement de principe  est arrivé.

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