BRICS: La Chine prend la tête d’exercices navals multinationaux

Créé au début des années 2000, le groupe des BRICS rassemble des puissances émergentes désireuses de renforcer leur coopération économique, politique et stratégique. Initialement composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, le bloc s’est élargi avec l’adhésion de l’Afrique du Sud, puis plus récemment avec l’ouverture à d’autres pays partenaires sous l’appellation BRICS Plus. Longtemps concentrée sur les questions financières, commerciales et de gouvernance internationale, cette plateforme explore désormais d’autres domaines de collaboration, dont la sécurité. C’est dans cette dynamique que s’annonce un exercice naval inédit dirigé par la Chine au large de l’Afrique du Sud.

À partir du 9 janvier et jusqu’au 16 janvier, des forces navales issues de pays membres et partenaires des BRICS doivent se retrouver dans les eaux sud-africaines pour un exercice conjoint baptisé Will for Peace 2026 rapporte The South China Morning Post. Selon les autorités militaires sud-africaines, la particularité majeure de cette manœuvre réside dans le rôle confié à Pékin, appelé à assurer la direction opérationnelle de l’ensemble de l’exercice.

Une coopération navale affirmée

L’exercice Will for Peace 2026 est présenté comme un programme intensif axé sur la sécurité maritime et la coordination entre marines. Les activités prévues incluent notamment des entraînements à la conduite d’opérations conjointes, des exercices d’interopérabilité entre navires et des scénarios de protection des espaces maritimes. L’objectif affiché est de renforcer la capacité des forces participantes à agir de manière coordonnée face à des défis communs en mer.

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Le choix de confier le leadership à la Chine marque une étape nouvelle dans la coopération de défense entre pays des BRICS et partenaires associés. Jusqu’ici, les exercices militaires impliquant certains membres du groupe étaient souvent organisés de manière bilatérale ou trilatérale. Cette fois, la coordination centrale assurée par Pékin donne à l’événement une portée symbolique plus forte, en soulignant la place croissante de la Chine dans les initiatives sécuritaires menées au sein de ce cadre de coopération.

Les autorités sud-africaines n’ont pas communiqué de liste exhaustive des participants. Toutefois, des informations relayées par plusieurs médias indiquent que la Russie et l’Iran devraient prendre part aux manœuvres. D’autres pays, tels que l’Indonésie et l’Éthiopie, sont également cités parmi les participants potentiels, sans confirmation officielle à ce stade.

Exercices navals multinationaux et enjeux stratégiques immédiats

Au-delà de l’aspect technique, ces exercices attirent l’attention par leurs implications diplomatiques. La tenue de manœuvres navales multilatérales dirigées par la Chine dans une zone stratégique de l’hémisphère sud pourrait être perçue comme un signal adressé aux autres grandes puissances navales. Certains observateurs estiment que cette initiative est susceptible de susciter des interrogations, notamment du côté des États-Unis, attentifs à l’évolution des coopérations militaires impliquant Pékin et Moscou.

Pour l’Afrique du Sud, pays hôte, l’exercice représente une opportunité de consolider ses relations avec ses partenaires des BRICS et BRICS Plus dans le domaine maritime. Il permet également aux forces navales locales de s’entraîner aux côtés de marines disposant de capacités variées, dans un cadre multinational structuré. Les autorités militaires sud-africaines mettent en avant le caractère opérationnel et professionnel de l’exercice, axé sur des scénarios concrets liés à la sécurité en mer.

Du côté chinois, la direction de Will for Peace 2026 confirme l’importance accordée à la coopération navale avec des pays émergents et partenaires. Pékin participe depuis plusieurs années à des exercices conjoints dans différentes régions du monde, mais la conduite d’une manœuvre regroupant des pays des BRICS Plus constitue une première à cette échelle.

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