Au Burkina Faso, la scène politique est dirigée depuis septembre 2022, par le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR). Après le coup d’État qui a renversé le gouvernement civil, le pays a connu une suspension de la Constitution et un réaménagement des institutions. Cette prise de contrôle a amorcé une réorganisation majeure du système politique, visant à répondre aux difficultés structurelles et aux tensions. C’est dans cette dynamique que le gouvernement a décidé jeudi de franchir une étape supplémentaire.
Décision nationale au Burkina Faso et fin des partis politiques
Le gouvernement du Burkina Faso a décidé de mettre fin à l’existence de tous les partis et formations politiques sur le territoire national. Cette décision a été officialisée lors d’un Conseil des ministres dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, par le biais d’un décret annulant la personnalité juridique de ces organisations. Selon les autorités, cette mesure vise à « préserver l’unité nationale » et à corriger ce qu’elles estiment être des dérives au sein du système partisan.
Les responsables gouvernementaux ont expliqué que des évaluations internes avaient révélé des problèmes dans l’application des règles qui régissent le fonctionnement des partis politiques. Émile Zerbo, ministre chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité a précisé que ces difficultés justifiaient une révision complète du cadre politique national. Conformément à cette décision, les biens et ressources des partis dissous seront transférés à l’État, marquant une rupture significative avec l’organisation institutionnelle précédente. Par ailleurs, un projet de loi abrogeant les textes régissant le fonctionnement et le financement des partis ainsi que le statut du chef de file de l’opposition sera soumis à l’Assemblée législative de transition dans les prochaines semaines.
Réactions politiques et enjeux pour l’unité burkinabè
La révolution proclamée par les autorités et la refonte de l’espace politique sont présentées par le gouvernement comme des étapes vers une forme renouvelée d’engagement citoyen au Burkina Faso. Le ministre porte-parole du gouvernement Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a clairement indiqué que cette mesure, bien que radicale, devait servir à canaliser les énergies collectives vers un objectif de cohésion sociale. Il est possible que les autorités estiment qu’un système sans partis traditionnels permette d’éviter des divisions qu’ils jugent susceptibles de fragiliser le pays.
La décision de dissoudre les partis politiques au Burkina Faso représente une transformation importante du paysage institutionnel. Présentée comme une réponse à des dérives perçues et destinée à instaurer une nouvelle forme d’unité, cette mesure a des implications immédiates pour la vie politique. Il reste à voir comment ces changements se traduiront dans la pratique et quelles formes de participation politique pourront naître dans ce nouveau cadre institutionnel.



