Campagne en vue des communales au Bénin : La difficile différenciation des messages des partis en lice

À l’approche des élections communales au Bénin, la campagne électorale ne mobilise pas encore fortement l’opinion publique. Dans un scrutin pourtant de proximité, où les électeurs sont traditionnellement sensibles aux profils des candidats et à leurs actions concrètes au niveau local, les discours actuels semblent se confondre, laissant planer une certaine confusion dans l’esprit des citoyens. Les messages de campagne des partis soutenant la majorité présidentielle, l’Union progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc républicain (BR), apparaissent largement similaires. Tous deux mettent en avant la continuité des réformes engagées depuis 2016 sous l’impulsion du président Patrice Talon. Gouvernance locale renforcée, modernisation des infrastructures, assainissement des finances publiques communales, professionnalisation de l’administration locale : les arguments sont presque identiques, au point que de nombreux électeurs peinent à saisir ce qui distingue réellement l’UPR du BR sur le fond. Dans les meetings, sur les affiches et dans les médias, le langage est le même : appel à la stabilité, à la poursuite du « chantier de développement » et à la consolidation des acquis. Chaque parti invite les électeurs à lui faire confiance pour assurer cette continuité, sans toujours préciser ce qu’il entend faire de différent, de spécifique ou d’innovant à l’échelle des communes. Cette proximité idéologique alimente l’impression d’une offre politique uniforme, où le choix électoral devient davantage une question d’étiquette que de projet distinct. Face à cette majorité, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) tentent de se repositionner dans un rôle plus critique. Leur principal message de campagne repose sur la défense des acquis démocratiques, la promotion du pluralisme politique et la nécessité de rééquilibrer les pouvoirs. Toutefois, cette posture suscite elle aussi des interrogations. Parti, longtemps perçu comme ayant accompagné, voire soutenu certaines réformes du régime actuel, la FCBE fait aujourd’hui face à des interrogations au sein de l’opinion quant à la lisibilité et à la constance de leur positionnement. Au-delà du plaidoyer pour les libertés publiques et la démocratie locale, les citoyens attendent des réponses précises à leurs préoccupations quotidiennes : gestion des marchés, accès à l’eau potable, entretien des routes communales, emploi des jeunes, salubrité urbaine. Or, ces thématiques sont souvent reléguées au second plan, noyées dans un discours plus général sur le contexte politique national.

Une situation accentuée par d’autres difficultés

Cette difficulté de différenciation des messages est accentuée par un autre élément majeur de la campagne : l’absence des effigies des candidats sur les affiches électorales. Dans un scrutin communal, historiquement marqué par la proximité entre élus et populations, le facteur humain joue un rôle déterminant. Les électeurs votent fréquemment pour une personne qu’ils connaissent, qu’ils ont vue à l’œuvre, ou dont ils apprécient l’engagement antérieur dans la communauté.

Or, la réforme du système partisan et les nouvelles règles électorales ont renforcé la centralité des partis au détriment des figures locales. Les affiches mettent en avant les logos, les slogans et les couleurs des formations politiques, laissant dans l’ombre les candidats eux-mêmes. Cette approche pourrait contribuer à brouiller davantage la lisibilité de l’offre politique.

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