Après la finale de Coupe d’Afrique des Nations 2025 marquée par une vive controverse entre le Sénégal et le Maroc, la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a officiellement pris position face aux démarches entreprises par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) et les instances internationales. Alors que Rabat a accueilli ce match décisif, la FSF affirme sa volonté de coopérer avec la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) et la Confédération Africaine de Football (CAF), tout en refusant de minimiser l’impact de possibles plaintes. Dans une déclaration relayée ce mardi, le secrétaire général Abdoulaye Sow annonce que la FSF est prête à répondre à toute plainte ou procédure ouverte. La tension entre les deux fédérations souligne des enjeux réglementaires et sportifs cruciaux pour le football africain.
Une finale sous haute tension entre le Sénégal et le Maroc
La 35ᵉ édition de la CAN s’est achevée dans des circonstances rarissimes, lorsque les Lions du Sénégal ont remporté le trophée face au pays hôte, le Maroc, à l’issue d’une rencontre dramatique. La confrontation, disputée à Rabat, a été marquée par des décisions arbitrales contestées, notamment un penalty accordé au Maroc après intervention de l’assistance vidéo, et un but sénégalais refusé en fin de match. Mécontents de ces décisions, les joueurs sénégalais ont brièvement quitté la pelouse, créant une interruption de plusieurs minutes avant que le match ne reprenne et que le Sénégal l’emporte 1‑0 en prolongation grâce à un but de Pape Gueye. Ces événements ont suscité des réactions immédiates des instances du football africain et mondial, qui ont condamné des « scènes inacceptables » et ouvert des examens disciplinaires.
La FRMF, dans un communiqué publié le 19 janvier 2026, a annoncé son intention d’utiliser les mécanismes juridiques prévus par les règlements de la CAF et de la FIFA afin de faire statuer sur le retrait temporaire de l’équipe sénégalaise du terrain et les incidents qui ont entouré cette décision arbitralement critique. Selon l’instance marocaine, ce retrait aurait eu un impact significatif sur le déroulement normal de la rencontre et sur la performance des joueurs.
La FIFA, de son côté, a déjà condamné le comportement des joueurs sénégalais et de certains membres du staff, qualifiant ces actions d’« inacceptables » et rappelant l’importance de respecter les décisions des officiels de match. Gianni Infantino a appelé à des mesures disciplinaires appropriées pour préserver l’intégrité du sport, soulignant que de telles scènes ne doivent jamais se répéter.
FSF : une réponse ferme aux démarches légales
Face à cette situation inédite, la Fédération Sénégalaise de Football a pris soin de clarifier sa position. Lors de l’accueil de l’équipe à l’aéroport international Blaise Diagne, son secrétaire général Abdoulaye Sow a souligné que la FSF se tient prête « à répondre à une éventuelle plainte du Maroc », réaffirmant la détermination de l’instance à défendre ses intérêts dans les enceintes compétentes. Cette déclaration intervient alors que la FRMF a clairement indiqué qu’elle déposera des recours auprès de la CAF et de la FIFA pour que les faits soient examinés « selon les procédures légales ».
Le message de la FSF tempère toute lecture hâtive d’un affrontement frontal : plutôt que de refuser le dialogue ou de dédaigner les démarches marocaines, les Sénégalais affirment leur familiarité avec ce type de situations règlementaires et leur disposition à s’engager dans les procédures disciplinaires habituelles. Abdoulaye Fal, président de la fédération, a même déclaré qu’il n’y voyait « aucun problème » et que la FSF « est prête à se défendre à tous les niveaux », soulignant une approche confiante face aux conséquences potentielles de l’affaire.
Impacts sportifs, juridiques et symboliques
Au‑delà de l’aspect purement sportif, cette controverse soulève des questions structurelles sur la manière dont les litiges sont gérés au sein du football africain. Les enjeux ne se limitent pas à l’attribution d’un titre : la manière dont la CAF et la FIFA trancheront pourrait fixer un précédent important pour l’application future des règles disciplinaires dans des compétitions internationales. De plus, avec la candidature du Maroc comme co‑hôte de la Coupe du Monde 2030, ces polémiques peuvent avoir des répercussions symboliques et perceptuelles bien au‑delà du simple résultat sur le terrain.
Alors que le Sénégal fête son deuxième titre continental depuis 2022 et que les Lions de la Téranga reçoivent un accueil triomphal à Dakar, la bataille juridique qui se profile pourrait prolonger la controverse bien après la fin des festivités. La Fédération Sénégalaise de Football, tout en affirmant sa disponibilité à répondre aux démarches marocaines et aux examens disciplinaires, reste convaincue de la légitimité de son parcours et de sa victoire. L’issue de cette confrontation entre fédérations et instances internationales sera scrutée de près par les observateurs du football africain, tant pour ses implications sportives que pour son impact sur la gouvernance du jeu.



