Dans un contexte mondial marqué par la concurrence accrue pour les investissements, les pays arabes cherchent à renforcer leur attractivité économique à travers des réformes structurelles, la modernisation de leurs administrations et l’amélioration de l’environnement des affaires. Entre économies du Golfe portées par la diversification post-pétrole, pays du Maghreb engagés dans des réformes institutionnelles et États du Machrek confrontés à des défis de stabilité, le monde arabe présente aujourd’hui un paysage contrasté. C’est dans ce cadre que s’inscrit la publication du très attendu rapport Business Ready 2025, qui permet de mesurer, au-delà des discours, la capacité réelle des économies arabes à offrir un environnement favorable aux entreprises.
Business Ready 2025 : un nouveau baromètre du climat des affaires
Élaboré par la Banque mondiale, le rapport Business Ready 2025 (B-READY) succède officiellement à l’ancien classement Doing Business. Contrairement à son prédécesseur, il ne se limite pas à une simple hiérarchisation des pays, mais s’appuie sur une approche plus large intégrant trois piliers fondamentaux : le cadre réglementaire, la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle. L’objectif est clair : évaluer non seulement les textes et réformes adoptés, mais aussi leur application concrète dans la vie quotidienne des entreprises.
Cette édition 2025 couvre plus de cent économies à travers le monde et s’impose déjà comme une référence pour les investisseurs, les décideurs publics et les institutions financières internationales.
Bahreïn, leader du monde arabe
Selon les résultats du rapport, Bahreïn s’impose comme le pays le mieux classé du monde arabe en matière de climat des affaires. Le royaume bénéficie notamment d’un environnement réglementaire jugé stable, d’une administration relativement agile et d’une forte intégration des services numériques. Sa politique proactive en faveur de l’entrepreneuriat et de l’investissement étranger lui permet de conserver une longueur d’avance dans l’espace arabe, confirmant son statut de hub économique régional.
Le Maroc, une performance confirmée
Juste derrière Bahreïn, le Maroc se classe deuxième dans le monde arabe, tout en occupant la deuxième place en Afrique. Avec un score global de 63,44 points, le Royaume chérifien se distingue par la qualité de ses services publics, ses progrès en matière de création d’entreprises, ainsi que par ses performances dans le commerce international et l’accès aux services financiers.
Cette position reflète les effets cumulés des réformes engagées ces dernières années, notamment dans la digitalisation des procédures administratives, la modernisation du cadre juridique et l’amélioration de l’accompagnement des investisseurs. Le rapport souligne toutefois que des efforts restent nécessaires pour renforcer l’efficacité opérationnelle, un défi partagé par de nombreux pays de la région.
Un signal fort pour les investisseurs
Le classement issu de Business Ready 2025 envoie un message clair : le monde arabe n’est pas homogène en matière d’attractivité économique, et certains pays réussissent mieux que d’autres à transformer les réformes en résultats tangibles. Bahreïn, le Maroc et la Jordanie apparaissent ainsi comme les locomotives régionales, capables d’offrir un environnement relativement plus prévisible et favorable aux entreprises.
À l’heure où les flux d’investissements deviennent de plus en plus sélectifs, ces performances constituent un atout stratégique majeur. Elles rappellent surtout que la compétitivité économique ne se décrète pas, mais se construit dans la durée, à travers des politiques publiques cohérentes, une administration efficace et une réelle prise en compte des besoins du secteur privé.



