Alors que les tensions s’intensifient dans l’est de la République démocratique du Congo, la France a officiellement appelé, le 19 janvier 2026, à l’organisation d’un dialogue national inclusif. Cette position, exprimée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, vise à accompagner les efforts de médiation régionale et internationale pour endiguer une crise qui menace la stabilité de toute la région des Grands Lacs. L’enjeu est de taille : transformer les multiples initiatives diplomatiques en cours en une solution politique durable.
La diplomatie française monte au créneau dans la crise congolaise. Dans une déclaration rendue publique et rapportée par RFI, Paris a formellement exprimé son soutien à la tenue d’un dialogue national en République démocratique du Congo, qu’elle considère comme une condition essentielle pour restaurer la concorde politique et l’unité nationale. Cette prise de position intervient dans le sillage de la réunion de haut niveau qui s’est déroulée à Lomé le 17 janvier, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Le Quai d’Orsay a particulièrement salué l’engagement du président togolais Faure Gnassingbé, désigné par l’Union africaine comme médiateur pour ce conflit qui perdure depuis des décennies.
L’appel français s’inscrit dans un contexte diplomatique particulièrement dense, où se multiplient les tentatives de médiation. Les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine déploient chacun des efforts pour rapprocher les parties en conflit. Paris entend désormais coordonner son action avec ces différentes initiatives, estimant qu’une approche concertée demeure indispensable pour éviter les contradictions et maximiser les chances de succès. La France insiste également sur l’urgence d’une désescalade immédiate, face à la progression militaire du M23, largement soupçonné de bénéficier du soutien actif du Rwanda voisin.
Les racines profondes d’une instabilité chronique
La région orientale de la RDC demeure le théâtre d’une violence endémique depuis la fin des guerres congolaises au début des années 2000. Plus de 120 groupes armés opèrent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, alimentant une insécurité qui a forcé des millions de personnes à fuir leurs foyers. Le M23, composé principalement de déserteurs de l’armée congolaise d’origine tutsi, a resurgi en 2021 après une décennie de relative dormance. Ses combattants contrôlent désormais des portions significatives du territoire, notamment autour de Goma, capitale provinciale stratégique située à la frontière rwandaise. Les ressources minérales abondantes de cette zone, incluant le coltan, l’or et d’autres minerais essentiels à l’industrie électronique mondiale, constituent un enjeu économique majeur qui attise les convoitises. Kinshasa accuse régulièrement Kigali de chercher à déstabiliser son territoire pour s’approprier ces richesses, accusations que le Rwanda réfute systématiquement malgré les rapports d’experts onusiens documentant des flux d’armes et de combattants transfrontaliers.
Une approche diplomatique renouvelée de la France
La proposition française de dialogue national vise à créer un espace politique inclusif permettant aux différentes forces congolaises de s’accorder sur une vision commune de l’avenir du pays. Cette démarche repose sur la conviction que les solutions purement militaires ont démontré leurs limites et qu’une réconciliation politique interne constitue le préalable à toute stabilisation durable. Le ministère français souligne que ce dialogue devrait rassembler non seulement les acteurs politiques traditionnels, mais également la société civile, les communautés locales et les représentants des provinces affectées par les violences. Paris souhaite ainsi contribuer à créer les conditions d’un consensus national capable de résister aux pressions extérieures et aux dynamiques de fragmentation qui fragilisent l’État congolais.
Coordination internationale et défis à surmonter
L’implication simultanée de multiples médiateurs soulève néanmoins des questions quant à la cohérence globale de l’approche internationale. Washington a lancé ses propres consultations bilatérales avec Kinshasa et Kigali, tandis que Doha propose ses bons offices diplomatiques dans une région où les intérêts géopolitiques s’entremêlent. La France espère que son appel en faveur d’un dialogue national pourra servir de fil conducteur à ces diverses initiatives, offrant un cadre politique stable vers lequel orienter les négociations en cours. Les autorités françaises reconnaissent toutefois que le chemin sera semé d’embûches, compte tenu de la méfiance profonde entre les belligérants et des divergences persistantes sur les responsabilités respectives dans le maintien de l’insécurité.
L’initiative française témoigne d’une volonté renouvelée d’engagement diplomatique dans une région que Paris connaît de longue date, mais où son influence a connu des hauts et des bas. L’efficacité de cette proposition dépendra largement de la capacité des acteurs régionaux et internationaux à transcender leurs rivalités pour privilégier une approche véritablement collective, seule susceptible de briser le cycle de violence qui ensanglante l’est congolais depuis plus de deux décennies.



« Une approche diplomatique renouvelée de la France »
Ho les gars, vous êtes au courant que la diplomatie française n’existe plus …. Plus personne n’écoute la voix de la France … sauf pour se marrer bien sûr