Crimes rituels au Gabon : Ce que l'on ne vous dit pas

Depuis des générations, la terre gabonaise est le théâtre d’une tragédie silencieuse où les croyances ancestrales s’entremêlent cruellement à la soif de pouvoir. Ces pratiques de prélèvements d’organes, héritées d’époques reculées, ont longtemps été traitées comme des faits divers isolés ou des tabous familiaux. Pourtant, loin de disparaître avec la modernité, ce fléau s’est métamorphosé pour devenir un levier d’influence souterrain que la société tente désormais d’extirper de ses racines les plus profondes.

L’offensive judiciaire de la transition contre les réseaux de commanditaires à Libreville

L’omertà qui entourait traditionnellement les cerveaux de ces opérations semble s’effriter sous la pression des nouvelles autorités. Alors que l’opinion publique dénonce souvent l’arrestation des seuls « petits mains », la Cour criminelle spécialisée a récemment franchi un cap en ouvrant des procès visant des figures potentiellement plus influentes. L’objectif affiché par le président Brice Clotaire Oligui Nguema est de briser le sentiment d’invulnérabilité qui protégeait jusqu’ici ceux qui ordonnent ces sacrifices dans l’ombre. En ce début d’année 2026, la stratégie ne se limite plus à la simple surveillance policière, mais s’étend à une révision législative profonde. Le gouvernement envisage des peines de prison à perpétuité incompressibles, une mesure réclamée depuis longtemps par l’Association de Lutte contre les Crimes Rituels (ALCR) pour garantir que les coupables ne retrouvent jamais la liberté par le biais de réseaux de complaisance.

La mobilisation de l’Église et la sécurisation des populations vulnérables au Gabon

La psychose qui s’est emparée de la capitale ces dernières semaines trouve un écho particulier dans le cri d’alarme du clergé. Mgr Jean Vincent Ondo Eyene a publiquement interpellé les forces de sécurité pour mettre fin à la disparition d’enfants, soulignant que la peur a changé de camp. Face à ces mutilations qui endeuillent les quartiers de Libreville, le dispositif de protection sociale s’organise autour d’outils concrets. Le programme « SuperMwana », initialement conçu pour les violences domestiques, est désormais en première ligne pour centraliser les alertes de disparitions inquiétantes. Cette surveillance accrue est doublée d’une présence militaire renforcée dans les zones jugées à risque, transformant la lutte contre les crimes de sang en une véritable priorité de sécurité nationale pour l’exécutif de transition.

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​Le Gabon se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Si la volonté politique actuelle marque une rupture nette avec l’inertie passée, la persistance de ces actes rappelle que le combat est autant culturel que sécuritaire. La fin de ce cauchemar dépendra de la capacité de la justice à maintenir sa fermeté sur la durée, afin que plus aucun parent n’ait à craindre pour la vie de son enfant au nom de sombres ambitions.

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