Décès du fils de Chimamanda Ngozi Adichie : un hôpital de Lagos accusé de négligence

Chimamanda Ngozi Adichie, figure majeure de la littérature nigériane contemporaine, traverse une épreuve dévastatrice. L’autrice d’Americanah et L’Autre Moitié du soleil a perdu l’un de ses fils jumeaux, Nkanu Nnamdi, âgé de 21 mois, le 6 janvier 2026 dans un hôpital privé de Lagos. L’écrivaine pointe du doigt l’établissement médical Euracare et dénonce ce qu’elle qualifie de négligence criminelle.

Une évacuation sanitaire vers les États-Unis interrompue par un drame

La famille Adichie-Esege séjournait à Lagos pour les fêtes de fin d’année lorsque le petit garçon a développé des symptômes initialement assimilés à un rhume. Son état s’est rapidement dégradé en infection grave, nécessitant son admission à l’hôpital Atlantis. Une équipe médicale de l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, aux États-Unis, se tenait prête à recevoir l’enfant et avait demandé la réalisation d’une IRM ainsi qu’une ponction lombaire avant son transfert prévu le 7 janvier.

L’hôpital Atlantis a alors orienté la famille vers l’établissement Euracare, présenté comme le mieux équipé pour ces procédures. L’équipe médicale nigériane avait également prévu la pose d’un cathéter central en préparation du vol.

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Des accusations graves contre l’anesthésiste

Dans un témoignage détaillé dont l’authenticité a été confirmée par son équipe de communication, l’écrivaine raconte que son fils a été sédaté au propofol pour éviter tout mouvement pendant l’IRM et la pose du cathéter. Alors qu’elle attendait à l’extérieur du bloc opératoire, elle a observé des membres du personnel médical se précipiter vers la salle d’intervention.

L’autrice affirme avoir été informée peu après que l’anesthésiste avait administré une dose excessive de propofol à l’enfant, provoquant une perte de réactivité suivie d’une réanimation. Placé sous respirateur artificiel et transféré en soins intensifs, Nkanu a ensuite présenté des convulsions puis subi un arrêt cardiaque. Il est décédé quelques heures plus tard.

L’autrice de Nous sommes tous des féministes soutient que son fils n’a jamais été surveillé après l’administration du sédatif et que l’anesthésiste aurait coupé l’alimentation en oxygène de l’enfant avant de le transporter vers l’unité de soins intensifs en le portant sur son épaule.

Les autorités sanitaires ouvrent des enquêtes

Le gouverneur de l’État de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, a ordonné à l’agence HEFAMAA (Health Facility Monitoring and Accreditation Agency) de mener une enquête indépendante et transparente sur les circonstances du décès. L’agence a déjà effectué une visite dans l’établissement concerné.

La Société nigériane des anesthésistes (NSA) suit également l’affaire. Son président national, le professeur Alhassan Mohammed, a indiqué à l’agence de presse NAN que l’investigation porterait sur la vérification du statut d’enregistrement des praticiens et de l’établissement, le respect des protocoles médicaux et la détermination d’une éventuelle négligence.

L’hôpital conteste les accusations

Dans un communiqué publié samedi, la direction d’Euracare Hospital a présenté ses condoléances à la famille tout en contestant certaines allégations. L’établissement affirme que l’enfant est arrivé dans un état critique après avoir été traité dans deux autres centres pédiatriques et que les soins prodigués respectaient les protocoles cliniques et les standards médicaux internationaux.

L’hôpital a annoncé l’ouverture d’une enquête interne conformément à ses standards de gouvernance clinique et s’est engagé à coopérer avec les processus réglementaires.

Vague de soutien au Nigeria et au-delà

Le président nigérian Bola Tinubu a exprimé ses condoléances, déclarant qu’« aucun chagrin n’est aussi dévastateur que la perte d’un enfant », une épreuve qu’il a lui-même traversée. L’ancien vice-président Atiku Abubakar et l’ancien candidat à la présidence Peter Obi ont également témoigné leur solidarité.

Chimamanda Ngozi Adichie avait révélé en mai 2025 la naissance de ses jumeaux par gestation pour autrui, exprimant le souhait que davantage de femmes puissent parler sans honte des voies non traditionnelles vers la maternité. Mariée au médecin Ivara Esege depuis 2009, le couple a également une fille née en 2016.

Cette tragédie survient après la perte de ses deux parents à quelques mois d’intervalle : son père James Nwoye Adichie, professeur de statistiques, en 2020, et sa mère Grace Ifeoma Adichie en mars 2021.

2 réflexions au sujet de “Décès du fils de Chimamanda Ngozi Adichie : un hôpital de Lagos accusé de négligence”

  1. combien d’enfants Nigérians, nés de parents anonymes, meurent chaque jour sans les hôpitaux sans susciter autant de remue-ménage ?
    Ces nè.gres expatriés se croient toujours au-dessus des leurs.

    Extérieur,ils sont africains, au pays, ils se réclament étrangers.

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    • Toi là, tu n’es pas éveilleur de Cons… du tout, mais plutôt un étouffeur de consc…..
      Laisse Madame Chimamanda Ngozi Adichie pleurer la disparition bru tale de son enfant.
      Quel est ton pb ?

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