Revenu à la Maison-Blanche en janvier 2025 après une victoire électorale marquant son retour sur le devant de la scène politique, Donald Trump avait promis une rupture nette avec les années Biden. Immigration, économie, énergie, diplomatie : le président avait annoncé des changements rapides et visibles. Douze mois plus tard, entre décisions fortes et résultats plus contrastés, le bilan de cette première année interroge.
Le 20 janvier 2025, Donald Trump prêtait serment pour la seconde fois comme président des États-Unis. Un retour symbolique, après sa défaite face à Joe Biden lors de l’élection de 2020, qui avait mis fin à son premier mandat entamé en 2017. En remportant l’élection de novembre 2024, le candidat républicain avait promis de « restaurer la grandeur de l’Amérique » à travers une politique plus ferme, plus souverainiste et plus favorable à l’économie nationale.
Un an après, l’heure est au premier bilan. Si Donald Trump a rapidement engagé une série de mesures exécutives pour concrétiser ses engagements de campagne, les résultats observés sur le terrain restent, sur plusieurs dossiers, plus nuancés que les promesses initiales.
Une présidence marquée par l’action immédiate
Fidèle à son style de gouvernance, Donald Trump a privilégié les décisions rapides. Dès ses premières semaines à la Maison-Blanche, il a multiplié les décrets présidentiels afin d’imposer sa marque sur les grandes orientations du pays : immigration, énergie, commerce, fonctionnement de l’administration fédérale.
Cette méthode, déjà utilisée lors de son premier mandat, vise à contourner la lenteur du processus législatif et à démontrer une capacité d’action immédiate. Pour ses partisans, elle traduit un leadership fort. Pour ses opposants, elle fragilise l’équilibre institutionnel.
Quoi qu’il en soit, cette première année a été rythmée par une succession d’annonces et de décisions, confirmant la volonté du président d’aller vite et d’imposer sa vision sans attendre.
Immigration : la promesse la plus concrétisée
La question migratoire figurait au cœur du programme de Donald Trump. Il avait promis un contrôle plus strict des frontières et une application rigoureuse des lois existantes. Un an après, c’est sans doute dans ce domaine que ses promesses ont été les plus visiblement traduites en actes.
L’administration a renforcé les dispositifs de contrôle, limité certaines protections accordées aux migrants et accentué la pression sur les pays jugés peu coopératifs en matière de rapatriement. Le discours présidentiel est resté constant : priorité à la sécurité nationale et réduction de l’immigration irrégulière.
Ces mesures ont été saluées par une partie de l’électorat conservateur, qui y voit une réponse à des préoccupations anciennes. En revanche, elles ont suscité de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains, dénonçant des conséquences sociales et humanitaires importantes. Sur le plan politique, Donald Trump peut néanmoins revendiquer une cohérence entre ses promesses de campagne et ses décisions effectives dans ce domaine.
Économie : des ambitions, des résultats mitigés
Sur le plan économique, le président avait promis une relance forte, une baisse du coût de la vie et un soutien accru à l’industrie américaine. Son administration a adopté une ligne favorable aux entreprises, encouragé la production nationale et défendu une politique commerciale plus protectionniste.
Les droits de douane ont été utilisés comme levier de négociation, notamment pour défendre certains secteurs industriels. Cette approche s’inscrit dans la continuité de la doctrine « America First », déjà mise en œuvre lors de son premier mandat.
Cependant, les effets sur le quotidien des ménages restent contrastés. Le coût de la vie, notamment dans les domaines de l’énergie, du logement et de l’alimentation, demeure une préoccupation majeure pour de nombreux Américains. Si certains secteurs ont bénéficié d’un soutien politique clair, l’amélioration du pouvoir d’achat annoncée pendant la campagne n’a pas encore été ressentie de manière uniforme.
L’économie américaine reste dynamique sur certains indicateurs, mais les promesses de bénéfices rapides et généralisés pour les citoyens restent, pour l’instant, partiellement en suspens.
Énergie : un virage assumé vers les hydrocarbures
Donald Trump avait promis de renforcer l’indépendance énergétique des États-Unis. Son administration a clairement privilégié l’exploitation des ressources fossiles, réduit certaines contraintes environnementales et relancé des projets énergétiques auparavant freinés.
L’objectif affiché est double : soutenir l’industrie nationale et garantir des prix compétitifs pour les consommateurs. Cette orientation marque une rupture avec les politiques climatiques plus restrictives de l’administration précédente.
Toutefois, la promesse d’une baisse significative et durable des factures énergétiques n’a pas encore été pleinement concrétisée. Les débats sur la transition écologique, les émissions de carbone et la place des énergies renouvelables restent au cœur des discussions, tant aux États-Unis qu’au sein de la communauté internationale.
Politique étrangère : des ambitions, peu de percées majeures
En matière de diplomatie, Donald Trump avait promis une approche plus pragmatique et des résultats rapides sur plusieurs dossiers internationaux sensibles. Un an après, les grandes crises mondiales persistent.
Les États-Unis restent impliqués sur plusieurs fronts, mais les conflits en Europe de l’Est et au Moyen-Orient n’ont pas connu de résolution spectaculaire. La diplomatie américaine continue de privilégier les relations bilatérales et les négociations directes, dans le style caractéristique du président.
Si l’administration a affiché sa volonté de défendre prioritairement les intérêts américains, les résultats concrets des initiatives diplomatiques restent limités à ce stade.
Une société américaine toujours profondément divisée
Au-delà des politiques publiques, le climat social et politique demeure tendu. Les décisions de l’administration ont provoqué des manifestations, des débats houleux et une forte mobilisation de la société civile. Donald Trump conserve une base électorale fidèle, qui soutient sa vision d’une Amérique plus souveraine et plus ferme. En face, l’opposition dénonce ce qu’elle considère comme une remise en cause de certains acquis démocratiques et sociaux.
La polarisation, déjà marquée avant 2025, n’a pas disparu avec le retour du président. Elle reste une caractéristique centrale de la vie politique américaine.
Promesses tenues, promesses en attente
Sur plusieurs dossiers clés, Donald Trump peut revendiquer une certaine cohérence entre ses engagements de campagne et les décisions prises durant sa première année de mandat. Le durcissement de la politique migratoire figure parmi les mesures les plus visibles, avec un renforcement des contrôles aux frontières et une application plus stricte des lois existantes. L’administration a également affiché un soutien appuyé à l’industrie nationale, notamment à travers une politique commerciale plus protectionniste et la défense des intérêts des entreprises américaines. Dans le secteur de l’énergie, le président a clairement orienté son action vers les hydrocarbures, en favorisant l’exploitation des ressources fossiles et en assouplissant certaines réglementations environnementales. Fidèle à son style de gouvernance, Donald Trump a par ailleurs largement utilisé les décrets présidentiels pour imposer rapidement ses priorités politiques.
En revanche, d’autres promesses majeures restent, pour l’instant, partiellement concrétisées. L’amélioration rapide du pouvoir d’achat, annoncée durant la campagne, ne s’est pas encore traduite de manière tangible pour l’ensemble des ménages américains, confrontés à un coût de la vie toujours élevé. La baisse significative des prix de l’énergie, autre engagement phare, tarde également à produire des effets visibles sur les factures des consommateurs. Sur le plan international, enfin, les ambitions de règlement rapide de certains conflits n’ont pas abouti à des percées majeures, les principales crises géopolitiques se poursuivant malgré les initiatives diplomatiques américaines.
Au terme de cette première année, le bilan apparaît donc contrasté. Donald Trump a tenu sa promesse d’agir vite et d’imprimer sa marque sur l’action gouvernementale. Mais les résultats concrets de certaines réformes restent encore limités ou difficiles à mesurer, rappelant que les effets d’une politique présidentielle s’inscrivent souvent dans le temps long.
Un président fidèle à sa ligne
Un an après son retour au pouvoir, Donald Trump n’a pas changé de méthode. Son style direct, sa communication offensive et sa volonté de rompre avec certaines orientations du passé demeurent au cœur de son action.
Sa défaite face à Joe Biden en 2020 avait semblé marquer un coup d’arrêt. Sa victoire en 2024 a, au contraire, confirmé sa capacité à rebondir politiquement et à mobiliser un électorat fidèle.
Ce second mandat apparaît, pour l’instant, comme une continuité idéologique, plus qu’une transformation radicale du système politique américain.
Un bilan encore ouvert
À l’échelle d’un mandat présidentiel, une année reste une période courte. Les grandes orientations sont posées, mais leurs effets à long terme restent à observer.
Donald Trump a respecté sa promesse d’agir rapidement. Il n’a pas encore démontré, de manière incontestable, que ces actions peuvent transformer durablement la vie quotidienne de l’ensemble des Américains.



