Économie : le Bénin pourrait passer de la 124ᵉ à la 110ᵉ place mondiale d’ici 2040 (CEBR)

Selon une étude du Centre for Economics and Business Research (CEBR), le Bénin pourrait se hisser de la 124ᵉ à la 110ᵉ place dans le classement mondial des économies entre 2025 et 2040, reflet d’une croissance soutenue malgré une situation internationale délicate. Alors que l’économie mondiale se réajuste après plusieurs années de turbulences, une prévision publiée récemment par le think tank britannique Centre for Economics and Business Research montre une trajectoire ascendante pour le Bénin. D’après cette étude, le pays d’Afrique de l’Ouest est en bonne voie de renforcer sa position économique à l’échelle mondiale, grimpant de 14 places dans le classement des économies mondiales. Cette progression attendue intervient dans au moment où les débats sur la compétitivité des économies émergentes sont au centre de l’attention des investisseurs et des décideurs politiques.

Une économie béninoise plus robuste et résiliente

Le Bénin connaît une croissance soutenue depuis quelques années, portée par les services, l’agriculture, l’industrie et le rôle stratégique du port de Cotonou. Le pays mise sur des réformes économiques et la Zone industrielle de Glo‑Djigbé (GDIZ), qui valorise les produits agricoles comme le coton et la noix de cajou, attire des investissements et crée des emplois. Malgré ces progrès, des défis persistent, notamment la forte informalité, une fiscalité limitée et la pauvreté, poussant le Bénin à poursuivre la diversification, l’industrialisation et l’inclusion sociale pour consolider sa croissance.

Sur la base des estimations du CEBR, le produit intérieur brut (PIB) du Bénin par habitant ajusté en parité de pouvoir d’achat (PPA) s’établit à 4 719 $ en 2025, ce qui situe le pays dans la catégorie des économies à revenu intermédiaire inférieur. Cette valeur, bien qu’encore modeste à l’échelle globale, traduit une dynamique de croissance robuste observée ces dernières années.

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En 2024, l’économie béninoise a affiché une croissance exceptionnelle de 7,5 % selon le rapport. Bien que cette forte expansion doive légèrement se modérer à 7,0 % en 2025, elle reste bien supérieure à la moyenne de 4,9 % enregistrée entre 2015 et 2019, période précédant les chocs économiques mondiaux récents.

Une telle croissance, accompagnée d’une inflation maîtrisée autour de 2,1 % en 2025, contraste fortement avec la hausse des prix qui a affecté de nombreuses économies à travers le monde. Cette combinaison de croissance et de stabilité des prix traduit une amélioration notable de l’efficience des politiques économiques et de la gestion macroéconomique du pays.

Performance budgétaire et position de l’endettement

Parallèlement à la dynamique de croissance, le Bénin affiche des signes de discipline budgétaire. En 2025, le ratio dette publique/PIB est estimé à 50,7 %, en baisse par rapport à 53,4 % l’année précédente. Cette réduction témoigne d’efforts pour stabiliser les finances publiques dans un contexte de pressions économiques externes.

Le rapport du CEBR projette que le taux annuel de croissance du PIB béninois ralentira progressivement sur le long terme, pour atteindre en moyenne 6,4 % entre 2026 et 2030, puis 5,2 % entre 2031 et 2040. Cette décélération graduelle est cohérente avec les trajectoires de maturation économique observées dans de nombreux pays en développement : l’expansion rapide initiale tend à s’estomper à mesure que l’économie se structure et se diversifie.

Ce scénario de croissance continue, même à un rythme légèrement plus modéré, reste supérieur à la plupart des moyennes régionales et mondiales, ce qui pourrait soutenir l’ascension du Bénin dans le classement des économies mondiales. Le passage anticipé de la 124ᵉ place en 2025 à la 110ᵉ en 2040 dans le World Economic League Table montre cette progression relative par rapport à d’autres nations.

Défis et enjeux futurs

Malgré ces perspectives positives, plusieurs défis subsistent. La transformation structurelle de l’économie béninoise vers des industries à forte valeur ajoutée est encore inachevée, et la dépendance à l’égard des exportations de matières premières expose le pays aux fluctuations des marchés mondiaux.

De plus, les efforts de réduction de la pauvreté et d’augmentation de l’inclusion sociale devront être renforcés pour que les fruits de la croissance bénéficient à un plus large éventail de la population. Une attention particulière à l’éducation, à la santé et aux infrastructures humaines sera essentielle pour assurer une croissance équitable et résiliente.

Alors que le Bénin se profile pour gravir les échelons du classement mondial des économies d’ici 2040, les prévisions du CEBR soulignent non seulement une croissance soutenue mais aussi des progrès significatifs dans la gestion macroéconomique. Si ces projections se concrétisent, cela pourrait renforcer l’attractivité du pays sur la scène économique internationale et stimuler des opportunités d’investissement bénéfiques pour son développement durable.

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