Élections couplées au Bénin : les femmes toujours minoritaires selon la plateforme WROP-Bénin

Au lendemain des élections législatives et communales du 11 janvier 2026, la plateforme Women’s Rights Observatory Platform (WROP-Bénin) a rendu publiques les conclusions de son observation axée sur la participation politique des femmes et les violences électorales liées au genre. La déclaration a été faite le lundi 12 janvier 2026 par sa présidente, Venise Falola Djogbénou.

Dans son analyse, WROP-Bénin relève une présence féminine en progression par rapport aux scrutins antérieurs, tant au niveau des candidatures que de l’engagement politique. Cette évolution s’explique, selon la plateforme, par un cadre juridique plus inclusif et par les actions de renforcement de capacités menées par les organisations de la société civile en faveur des femmes candidates.

Pour documenter cette dynamique, WROP-Bénin a déployé douze observateurs, un par département, sur l’ensemble de la période électorale allant du 15 novembre 2025 au 11 janvier 2026. Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire spécifique, transmis par SMS via la plateforme numérique « APPOLO ». L’observation a porté à la fois sur la répartition des candidatures selon le sexe et sur les violences dirigées contre les femmes engagées dans le processus électoral.

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Cinq partis politiques ont pris part aux législatives de janvier 2026 : le Bloc Républicain (BR), l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Les Démocrates (LD), les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) et le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (MOELE-Bénin). Au total, 1 090 candidats, titulaires et suppléants confondus, ont été investis. L’analyse genre fait ressortir 316 femmes, soit environ 29 % de l’ensemble des candidats. MOELE-Bénin affiche le niveau de positionnement féminin le plus élevé, tandis que les FCBE et Les Démocrates présentent les taux les plus faibles.

Conformément aux dispositions constitutionnelles et électorales en vigueur, chaque parti a respecté le quota des 24 femmes positionnées sur les sièges réservés dans les circonscriptions électorales. En revanche, WROP-Bénin observe un engagement limité des formations politiques à promouvoir des candidatures féminines au-delà de ces obligations légales. Hors quotas, la présence des femmes demeure marginale sur les listes, toutes tendances confondues.

S’agissant des élections communales, la plateforme note une représentation féminine particulièrement faible parmi les 1 815 candidats enregistrés, confirmant les difficultés persistantes d’accès des femmes aux fonctions électives locales. Sur le volet des violences électorales, les observateurs de WROP-Bénin ont signalé plusieurs cas de violences verbales et psychologiques visant des femmes candidates, principalement durant la campagne. Bien que le scrutin se soit déroulé dans un climat globalement apaisé, la plateforme déplore ces pratiques et les considère comme des freins à la participation politique féminine.

WROP-Bénin salue la maturité de la classe politique et le sens civique des électeurs, qui ont contribué à la tenue d’élections pacifiques. La plateforme appelle toutefois à des réformes plus ambitieuses pour renforcer la représentation des femmes et prévenir les violences liées au genre. Elle recommande notamment l’adoption de lois en faveur de la parité, un engagement accru des partis politiques en matière d’inclusion, ainsi qu’un accompagnement renforcé des femmes candidates par l’État, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile et les médias.

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