Les États‑Unis ont annoncé ce mercredi qu’ils mettront en pause le traitement des visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays à compter du 21 janvier 2026, décision qui touche particulièrement 26 pays africains. Cette mesure s’insère dans une politique migratoire américaine de plus en plus restrictive depuis le retour de Donald Trump à la Maison‑Blanche. L’enjeu central porte sur la sélection des candidats jugés susceptibles de devenir dépendants d’aides publiques. Seuls les visas de résidence permanente sont concernés, tandis que les visas temporaires comme les touristiques et étudiants restent épargnés. L’initiative pourrait retarder des centaines de milliers de projets familiaux ou professionnels à travers le monde.
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le président Donald Trump a orienté la politique migratoire américaine vers un renforcement drastique du contrôle des frontières et des flux légaux. Dans les mois qui ont suivi son investiture, l’administration a multiplié les actions visant à limiter tant l’immigration irrégulière que légale : intensification des expulsions, renforcement des critères d’admission pour les visas, annulation de statuts temporaires et sanctions contre les juridictions dites « sanctuaires ». Par ailleurs, les autorités ont revu à la hausse les vérifications de sécurité et élargi la surveillance des demandes de visa, y compris par des analyses de réseaux sociaux et des antécédents pénaux. Cette nouvelle suspension des visas d’immigrant s’insère dans cette logique d’une politique systématiquement plus stricte sur l’immigration légale, tout en s’appuyant sur des dispositions de droit américain visant à évaluer le risque que les nouveaux arrivants deviennent une « charge publique ».
Une suspension sans précédent qui touche 26 pays africains et bien d’autres
À partir du 21 janvier 2026, le département d’État américain suspendra indéfiniment le traitement des demandes de visas d’immigrant pour les ressortissants de 75 pays, dont de nombreux pays africains, en attendant une réévaluation des procédures de contrôle et de sélection des candidats.
Cette décision ne touche que les visas d’immigrant — utilisés pour obtenir la résidence permanente — et n’affecte pas les visas temporaires tels que les visas touristiques ou d’affaires. Toutefois, pour les familles et travailleurs planifiant une installation aux États‑Unis, l’arrêt du traitement signifie des décalages importants de projets, y compris pour ceux qui avaient déjà entamé des démarches ou obtenu une approbation préalable.
Les autorités américaines justifient cette pause par la volonté de renforcer les mécanismes d’évaluation des candidats sur la base de critères élargis, notamment l’âge, la santé, le statut familial, la situation financière, les compétences, et le niveau d’anglais. Les agents consulaires américains ont reçu pour instruction de refuser les demandes sous les lois existantes en vigueur, en attendant que le département d’État finalise ses révisions.
Effets concrets pour les candidats, les familles et les économies
Pour les postulants à une carte de résident permanent, l’impact est immédiat et concret : les entretiens consulaires peuvent être refusés, les dossiers renvoyés sans traitement, et les décisions finales suspendues jusqu’à nouvel ordre. Pour ceux qui avaient des entretiens déjà programmés ou des requêtes en cours, cette suspension peut signifier des annulations ou reports indéfinis.
Dans plusieurs pays africains, ces conséquences se feront sentir non seulement au niveau des familles qui espéraient se réunir. Des milliers de projets éducatifs pourraient être retardés ou remis en question. La suspension survient à un moment où les ONG et défenseurs des droits humains ont déjà exprimé leurs préoccupations vis‑à‑vis des politiques migratoires américaines jugées agressives ou discriminatoires, notamment dans le cadre de précédentes suspensions touchant des pays africains ou instables.
Une mesure controversée au cœur des débats internationaux
Aux États‑Unis, cette décision s’ajoute à d’autres actions récentes telles que la révocation de plus de 100 000 visas déjà délivrés depuis le retour de Trump, et des mesures spécifiques ciblant certains groupes ou nationalités. Certains analystes estiment que cette approche pourrait détourner des talents, des investissements et affaiblir les liens sociaux entre les États‑Unis et les pays concernés.
En revanche, l’administration américaine défend sa stratégie comme un moyen de protéger le système d’aides publiques et de veiller à ce que les nouveaux arrivants puissent s’intégrer économiquement sans compter excessivement sur des prestations gouvernementales.
L’arrêt du traitement des visas d’immigrant à grande échelle marque une étape significative dans la politique migratoire américaine actuelle, avec des répercussions concrètes pour des centaines de milliers de personnes dans le monde et des implications durables pour les relations internationales et les flux migratoires légaux.
Les pays concernés par la suspension des visas d’immigrant
- Afghanistan
- Albanie
- Algérie
- Antigua-et-Barbuda
- Arménie
- Azerbaïdjan
- Bahamas
- Bangladesh
- Barbade
- Bélarus
- Belize
- Bhoutan
- Bosnie
- Brésil
- Birmanie
- Cambodge
- Cameroun
- Cap-Vert
- Colombie
- Côte d’Ivoire
- Cuba
- République démocratique du Congo
- Dominique
- Égypte
- Érythrée
- Éthiopie
- Fidji
- Gambie
- Géorgie
- Ghana
- Grenade
- Guatemala
- Guinée
- Haïti
- Iran
- Iraq
- Jamaïque
- Jordanie
- Kazakhstan
- Kosovo
- Koweït
- Kirghizistan
- Laos
- Liban
- Libéria
- Libye
- Macédoine
- Moldavie
- Mongolie
- Monténégro
- Maroc
- Népal
- Nicaragua
- Nigéria
- Pakistan
- République du Congo
- Russie
- Rwanda
- Saint-Kitts-et-Nevis
- Sainte-Lucie
- Saint-Vincent-et-les-Grenadines
- Sénégal
- Sierra Leone
- Somalie
- Soudan du Sud
- Soudan
- Syrie
- Tanzanie
- Thaïlande
- Togo
- Tunisie
- Ouganda
- Uruguay
- Ouzbékistan
- Yémen
